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A 14 ans, Alfred A. Mango devient le plus jeune bachelier du Sénégal

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né de parents enseignants, le jeune Alfred Amadou Mango vient de décrocher son baccalauréat scientifique à l’âge de 14 ans. L’élève habitant aux Parcelles assainies Thiès (Ouest, 70Km de Dakar) est passionné de lecture, de poésie et de football, un sport auquel il s’adonne trois fois par semaine à l’école de Foot de son quartier.Alfred est un enfant pas comme les autres. Alors que les jeunes de son âge sont captivés par les réseaux sociaux et les nouvelles technologies en général, Alfred, lui, est passionné de lecture et de poésie. Dès la maternelle, il s’intéressait aux livres pour enfants et à 9 ans, il a achevé son premier roman, L’Enfant noir de Camara Laye. « Il avait toujours le livre à la main, même quand je l’envoyais à la boutique », se souvient affectueusement sa mère, Ndéye Anta Diop. « Tout le monde était étonné! Cela faisait rire les gens ! », poursuit-elle.

Ndéye Anta Diop est professeur d’histoire-géographie au lycée de Ngoudiane, à quelques 30 kilomètres de Thiès. Son père est également professeur du lycée, où il enseigne le français. Une famille « simple et heureuse », selon les mots du jeune Alfred, qui a grandi entouré de livres et sans aucune autre distraction. « Longtemps, nous n’avons pas eu l’électricité, donc Alfred était plongé dans les livres », raconte Ibrahima De Louis Mango, le père du jeune bachelier.

Très tôt, Alfred a ressenti le besoin de se surpasser. Dès la classe de CP, il s’est donné pour ambition de décrocher le baccalauréat à 14 ans, en s’inspirant de l’un des personnages du film américain « The Great Debaters », James Leonard Farmer Junior, membre d’une prestigieuse équipe de débatteurs et étudiant à l’université à 14 ans. « En voyant ce personnage, je me suis dit que si lui avait réussi, moi aussi, je pouvais le faire », confie le jeune Alfred pour qui « les records sont faits pour être battus ».

L’élève a travaillé dur, mais sans pression cette année de terminale pour arriver à ses fins. « Je ne travaillais pas comme un robot », explique-t-il.

Pour sa mère, contrairement à ce que beaucoup pensent, « Alfred passe son temps à jouer. Il aime être avec ses amis dans le quartier. C’est un enfant très jovial ». Ndéye Anta Diop a donné des cours particuliers à son fils pendant toute sa scolarité, de manière encore plus assidue lors des quatre années où il a sauté des classes.

A la maternelle, Alfred a sauté la grande section, au cycle primaire, il n’a pas fait les classes de CE1 et de CM1, et au cycle moyen, il a sauté les classes de 6ème et de 4ème. Il a réussi la prouesse d’avoir son Brevet de fin d’études moyennes (BFEM) à l’âge de 11 ans. « C’est seulement le cycle secondaire qu’il a eu à faire toutes les classes », renseigne son père.

« Je remercie les autorités étatiques qui ont pu permettre à mon enfant de réussir son baccalauréat, parce que dans un passé récent il n’était pas possible de passer le bac à l’âge de 14ans. C’est à partir de cette année que la mesure a été levée », poursuit le professeur de français pour qui « il y a des choses à revoir dans la forme actuelle de l’école ». « Si d’autres enfants avaient été autorisés à passer le baccalauréat plus tôt, mon fils ne serait pas une exception. Il y a beaucoup de formes d’intelligence à développer, le cerveau est un muscle qui a besoin d’être challengé », déclare le père d’Alfred, qui tient de lui son mental d’athlète.


A la rentrée universitaire, Grand Alfred Amadou Mango ne sait pas encore quel cursus il compte poursuivre. « J’aimerais beaucoup faire des études d’informatique, ou de pétrochimie. Mais depuis tout petit, je rêve aussi de devenir médecin ou pharmacien, comme mes oncles », ambitionne Alfred.

Pour sa mère, les études après le baccalauréat vont devenir plus compliquées, surtout pour un enfant plongé dans un monde d’adultes, mais elle reste optimiste et continue d’encourager son fils. « Je remets tout entre les mains du bon Dieu, nous ferons notre possible pour continuer à l’encadrer », dit-elle.

En plus de la lecture, Alfred a une autre passion, beaucoup plus commune celle-ci pour un adolescent de son âge: le football. Ses parents l’ont inscrit dans une école de foot située dans leur quartier, où il s’entraîne tous les mercredis, samedis, et dimanches.

Selon son coach Dame Junior Gaye, un ancien footballeur international, Alfred a permis de relever le niveau scolaire des autres enfants qui fréquentent l’école de foot. A son tour, Alfred a accepté de s’improviser professeur pour leur donner des cours particuliers. « On a remarqué que tous les enfants qui habitaient près de chez Alfred et qui le fréquentaient avaient de très bonnes notes en classe. Grâce à lui, le niveau d’étude de notre école de foot est vraiment bon, il apporte beaucoup », se réjouit son coach.

En attendant de prendre la lourde décision de son avenir universitaire, Alfred compte s’amuser comme un enfant de 14 ans cet été. Il veut voir ses amis et jouer au football. Mais sa passion pour la littérature n’est jamais loin. « J’avais écrit mes premiers poèmes à l’âge de 10 ans. J’aimerais écrire mon premier recueil durant ces grandes vacances », promet-t-il.



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