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A la découverte de Touba à bord d’une charrette

En temps de Magal, les charrettes sont un moyen de transport très sollicité à Touba (centre) où les gens, pour éviter les embouteillages des voitures, préfèrent se rabattre sur les « borom sarett », des charretiers qui connaissent par coeur les raccourcis qui mènent à votre destination, notamment dans les différents quartiers de la cité religieuse.Modou (nom d’emprunt), un jeune homme de taille moyenne, faisant dos à sa charette attelée à un cheval (parfois à un âne), sifflet autour du cou comme moyen pour « klaxonner », interpelle les clients qui voudraient se rendre de « Janatou » à « Juma-ja », deux zones distantes de plus de 3 kilomètres à peu près.

Sur sa charrette, un tapis vert fait office de siège pour la douzaine de clients que peut supporter au total le moyen de transport et, pour lequel, chacun d’entre eux doit payer 100 FCFA quelle que soit sa destination.

En effet, ces « borom sarett » n’ont rien à voir avec le personnage de ce célèbre court-métrage éponyme du défunt cinéaste sénégalais Ousmane Sembène (1923 – 2007).

Dans ce film, le réalisateur sénégalais met en scène l’histoire d’un conducteur de charrette qui tente de gagner sa vie à Dakar, capitale du Sénégal. Il s’attend à être payé pour ses services, mais ne le précise pas à l’avance, de sorte que les gens tirent souvent avantage de lui sans le payer.

Ce qui n’est pas le cas pour ces gens de Touba, dont certains même quittent d’autres régions du pays pour s’investir dans cette activité qui paraît lucrative.

Une chose que confirme d’ailleurs ce sexagénaire Peul venu de la région de Louga (nord), d’où il a convoyé son cheval et sa charrette, maculée derrière par des traces de sang de bête. Il affirme cependant que les choses ne marchent pas encore de son côté.

Par ailleurs, ces charrettes ne transportent pas juste les personnes, elles convoient à la fois les bêtes (moutons, boeufs, …) et les marchandises, comme le souligne ce jeune sérère, trouvé en train de réparer son pneu crevé chez un vulgarisateur.


Son objectif comme celui de ses collègues est de gagner son pain quotidien par cette activité qui est un moindre mal dans une localité « remplie » de chômeurs surtout chez les jeunes, ajoute-t-il furtivement.

Pour sa part très avisé comme la plupart de ses pairs, notre conducteur Modou évite la route principale embouteillée par les voitures et qui mène difficilement à la grande mosquée située à Darou Khoudoss.

Il prend les petits circuits et ruelles des différents quartiers sur un trajet non sécurisé toutefois. Aux risques et périls des personnes assises à bord, ces charrettes roulant sans barrières tanguent en permanence.

Mais les clients ne s’en plaignent pas à l’image de ce berger Peul, venu spécialement à Touba pour vendre une partie de son troupeau à l’occasion de ce Grand Magal, dont la célébration est faite ce dimanche.

Avec cet événement, le bonhomme, présentant une main droite remplie de balafres, affirme ne se déplacer que par le moyen des charrettes. « Plus accessible et plus rapide », elles lui permettent de se rendre alternativement de Janatou à Darou Khoudoss ou de Darou Minam à Corniche.


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