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A Moscou, l’industrie aéronautique russe parade pour conjurer la morosité

Avions civils et de combat, drones et hélicoptères, la filière aéronautique russe présente ses nouveautés au salon MAKS de Moscou mais peine à faire oublier les déboires de plusieurs de ses produits phares.

Après avoir accueilli la veille le président russe Poutine et son homologue turc Erdogan, ce grand forum de l’aviation va rentrer mercredi dans le vif du sujet en présentant pour la première fois l’avion moyen-courrier MC-21, dont l’entrée en service a été plusieurs fois retardée.

Cela a été l’occasion pour Vladimir Poutine de vanter mardi le « haut potentiel d’exportation » du pays et ses « traditions uniques dans la construction aéronautique qui permettent à la Russie de rester parmi les fleurons de l’industrie aérospatiale », ainsi que les « projets novateurs comme le magistral avion MC-21 et les hélicoptères Mi-38 et Ka-62 ».

Le MAKS-2019 permettra aussi de montrer les premier résultats de l’incorporation du groupe United Aircraft Corporation (UAC), qui rassemble les principaux avionneurs civils et militaires russes (Soukhoï, Antonov, Tupolev…), au sein du conglomérat public Rostec.

Annoncée fin 2018, cette opération doit être finalisée en 2020 et est censée résoudre les nombreux problèmes d’organisation et de financement ralentissant le développement de nouveaux avions.

En attendant, le MC-21 a la lourde tâche de raviver les ambitions déçues de l’aviation civile russe et de faire oublier la débâcle de l’avion régional Soukhoï Superjet 100 (SS-100), lancé en 2011, premier appareil civil conçu en Russie depuis la chute de l’URSS, dont les ventes à l’étranger sont quasi-nulles.

Il s’attaque à un marché bien plus gros puisqu’il doit concurrencer les modèles phares d’Airbus et Boeing, l’A320 et le B737. Mais le MC-21 n’a cessé de rencontrer des obstacles depuis son premier vol d’essai en 2017.

Alors qu’il devait initialement être mis en service fin 2018, la date a été repoussée plusieurs fois, le groupe annonçant désormais le début de la production en série d’ici fin 2020.

Comme le SS-100, l’avion est en effet conçu en partie avec des pièces étrangères, notamment d’indispensables matériaux composites importés des Etats-Unis par une entreprise russe visée depuis septembre 2018 par des sanctions.

Rostec s’emploie depuis à trouver des fournisseurs russes, ainsi qu’à produire son propre moteur. Le premier lot d’avions devrait lui être équipé de moteurs américains Pratt & Whitney, ce qui sera le cas des trois versions présentées mercredi.


– Ambitions déçues –

Depuis la crise ukrainienne de 2014, les sanctions occidentales, surtout américaines, ne cessent de se renforcer contre l’économie russe, et notamment contre son industrie de défense.

Outre les mesures sectorielles, les sanctions visent Rostec et son influent patron, Sergueï Tchémézov, réputé proche du président Poutine.

« Pour l’aviation militaire, on peut dire que les sociétés de développement et les principaux fabricants se portent bien », estime Oleg Panteleïev, directeur de l’agence spécialisée Aviaport. C’est d’ailleurs côté défense que le MAKS présentera le plus de nouveautés, avec en vedette le nouvel avion de combat russe Su-57.

« Pour l’aviation civile, le principal problème n’est pas la situation du secteur, mais les restrictions de vente », ajoute-t-il.

« L’URSS vendait des avions à la fois sur le marché intérieur et aux pays socialistes. Aujourd’hui, la géographie des livraisons s’est réduite, nous devons faire concurrence aux constructeurs étrangers qui ont un potentiel bien supérieur pour promouvoir leurs avions », indique M. Panteleïev.

Pour résoudre les problèmes des avions civils, « il est nécessaire de continuer à investir, y compris pour achever un moteur (russe). Mais compte tenu du petit nombre d’avions livrés, « c’est difficile à financer ». « Et nous voyons que les partenaires étrangers ne souhaitent pas investir. »

Le SS-100 avait lui aussi connu un parcours difficile. Cet avion assemblé avec de nombreuses pièces occidentales, source de fierté lors de son lancement, a connu un succès limité au-delà de la Russie, à cause notamment de lourds coûts de maintenance et de problèmes de fiabilité.

Des problèmes dramatiquement mis en lumière quand un SS-100 s’est enflammé début mai lors d’un atterrissage d’urgence à Moscou, tuant 41 personnes. Si le mauvais temps et des erreurs de pilotage seraient à l’origine du crash, ce coup porté au SS-100 pourrait être fatal.


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