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Accord sur l’immigration: Trump prédit « un grand succès »

Donald Trump a prédit « un grand succès » samedi à l’accord trouvé avec le Mexique sur l’immigration si son partenaire du Sud tient ses engagements: le président américain y a vu la justification de sa manière forte, faite de menaces économiques.

Vendredi soir, à l’issue de plusieurs jours de négociations ardues, Washington et Mexico ont arraché un accord sur l’immigration comme souhaité par Donald Trump, qui avait une nouvelle fois agité son arme favorite pour parvenir à ses fins: les droits de douane.

« Le Mexique va faire beaucoup d’efforts, et s’ils le font, cet accord sera un grand succès pour les Etats-Unis et le Mexique », a tweeté samedi le président républicain, avant de remercier son homologue Andres Manuel Lopez Obrador, qui se rendra samedi à Tijuana, ville mexicaine juste de l’autre côté de la frontière de San Diego, en Californie.

Ce voyage avait été prévu par M. Lopez Obrador au plus fort de la crise pour « défendre la dignité » de son pays; il s’agira cette fois de « célébrer » cet accord.

M. Trump a annoncé que Mexico allait prendre « des mesures fortes pour endiguer le flux migratoire » traversant son pays à destination de la frontière avec les Etats-Unis où la police et la douane se disent débordées par le nombre des arrivées.

« Cela va permettre de réduire grandement, ou d’éliminer, l’immigration illégale venant du Mexique et entrant aux Etats-Unis », a-t-il assuré.

Reste maintenant à déterminer comment sera mesuré le succès de l’accord et l’efficacité des mesures prises par Mexico.

La semaine dernière, en annonçant les menaces contre son voisin du Sud, M. Trump avait expliqué que « l’impact » des mesures mexicaines serait « déterminé par (le) seul jugement » américain.

Le milliardaire avait promis d’imposer des taxes de 5% à partir de lundi sur tous les produits exportés par le Mexique vers les Etats-Unis, en augmentant ce taux de 5 points par mois pour qu’il atteigne 25% en octobre, faisant fi des mises en garde des milieux économiques américain et mexicain.

– Regrets démocrates –

Comme beaucoup d’élus du parti républicain, le sénateur Marco Rubio a vu dans ce dénouement la réussite de la méthode Trump, fondée sur les menaces. « Ce sera intéressant de voir comment les médias vont couvrir cela », a-t-il tweeté.


« Dans cet accord, les migrants servent de monnaie d’échange. Le phénomène migratoire est criminalisé », a réagi auprès de l’AFP Luis Rey Villagran, un activiste travaillant au côté des migrants.

« La Garde nationale devrait combattre les narcotrafiquants et non pas arrêter des enfants et des femmes », a-t-il ajouté.

L’opposition mexicaine, par la voix du dirigeant conservateur du Parti action nationale Marko Cortes, a elle dénoncé un accord ayant joué sur « les peurs des deux peuples »: économique pour les Mexicains et migratoire pour les Américains.

La déclaration commune des deux pays mentionne des « mesures sans précédent » prises par le Mexique, notamment le déploiement de sa Garde nationale.

« Le Mexique va aussi prendre des mesures décisives pour démanteler les organisations de passeurs et de trafiquants, ainsi que leurs réseaux illicites de transport et de financement », selon ce texte qui a été lu par le ministre mexicain des Affaires étrangères Marcelo Ebrard.

Dans la semaine, le Mexique avait déjà annoncé plusieurs actions prises pour amadouer son voisin du Nord: le déploiement de 6.000 hommes pour empêcher le transit des clandestins, le gel des comptes bancaires de 26 passeurs présumés de clandestins, le renvoi d’une centaine de Honduriens dans leur pays et l’arrestation de militants des droits des migrants.

L’opposition démocrate aux Etats-Unis ne s’attend toutefois pas à ce que le dossier migratoire soit bouclé une fois pour toutes, tant il est le socle du discours de M. Trump depuis son entrée en politique en 2015.

« Maintenant que le problème est réglé, je suis sûr que nous n’en entendrons plus parler dans le futur! », a ironisé Chuck Schumer, le chef de la minorité démocrate au Sénat.

Plus généralement, l’opposition américaine a regretté que le président ait utilisé une nouvelle fois la menace des tarifs douaniers.

Dans un communiqué, Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, a déploré les pressions exercées sur un « ami proche et voisin » tout en soulevant la question, globalement passée sous silence côté américain jusqu’ici, du droit des demandeurs d’asile.



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