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Affaire Soro en Côte d’Ivoire: l’opposition dénonce des « dérives dictatoriales »

L’opposition politique ivoirienne a dénoncé mardi des « dérives dictatoriales » du pouvoir après l’annonce d’un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro et la répression qui s’est abattue contre ses partisans.

La plateforme Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix (CDRP), emmenée par l’ex-président Henri Konan Bédié, « s’insurge contre ces dérives dictatoriales répétées du régime RHDP-Unifié (le parti au pouvoir), contraires aux principes élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit », selon un communiqué transmis à l’AFP.

L’ex-chef de la rébellion et candidat d’opposition à la présidentielle de 2020, Guillaume Soro, a annulé son retour prévu en Côte d’Ivoire lundi. Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui le même jour par la justice ivoirienne pour « attentat à la sûreté de l’Etat » et « détournement de deniers publics ».

La CDRP se dit « surprise » de ces accusation contre l’ex-président de l’Assemblée nationale, « concomitantes à une autorisation régulière de retour au pays d’un citoyen contre lequel aucune charge n’avait été préalablement retenue ».

Selon une autre déclaration émanant de groupes parlementaires d’opposition, dont le parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de M. Bédié, Guillaume Soro, toujours député, se trouve désormais contraint à « un exil forcé ».


Les groupes parlementaires dénoncent l’arrestation de cinq députés pro-Soro, condamnant « cette énième violation de l’immunité parlementaire des députés en Côte d’Ivoire ». Ils « exigent » leur « libération sans condition et l’arrêt immédiat des poursuites ».

Par ailleurs, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a déploré dans un communiqué que l' »espace démocratique est en train de se rétrécir gravement en Côte d’ivoire à moins d’un an de l’élection présidentielle », notant l’interdiction à deux reprises d’un meeting de l’opposition, les 14 et 21 décembre, et les mesures prises par le pouvoir à l’encontre de Guillaume Soro et de ses partisans.

Le MIDH se dit « préoccupé par cette situation qui fait planer des risques de violence », et « condamne avec fermeté toutes les violations des libertés publiques et des droits humains », selon son président Yacouba Doumbia, cité dans le communiqué.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui a fait 3.000 morts en Côte d’Ivoire, la prochaine présidentielle d’octobre 2020 s’annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.


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