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Affrontement Trump-Rohani à la tribune de l’ONU

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Le président américain Donald Trump devait dénoncer mardi à New York l’Iran et ses « activités destructrices » à travers le monde, au premier jour d’une Assemblée générale de l’ONU qui s’est ouverte sur le constat sombre d’un monde « de plus en plus chaotique ».

Le coup d’envoi de six jours de discours des 193 pays a été donné par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a dressé, le visage grave, le tableau d’un monde où « les valeurs universelles s’érodent (…), les principes démocratiques sont attaqués ».

En 2017, pour sa première apparition lors de l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump avait, dans un discours enflammé, désigné deux cibles: Pyongyang et Téhéran.

Depuis, le tempétueux locataire de la Maison Blanche a engagé un dialogue avec le jeune dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qui, va-t-il répétant, fait preuve d’une véritable « ouverture d’esprit » et est prêt à prendre des décisions courageuses.

S’il devrait appeler à ne pas relâcher la pression sur Pyongyang, qui tarde à faire des concessions significatives sur la question centrale de la dénucléarisation, le ton belliqueux de l’an dernier aura probablement disparu.

La République islamique, en revanche, peut s’attendre à « des mots durs bien mérités », a prévenu le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, en évoquant la semaine à venir.

Selon le secrétaire d’Etat, M. Trump lancera un appel à tous les pays à rejoindre les Etats-Unis dans leur combat contre le « torrent d’activités destructrices » de l’Iran.

Lundi soir, les Européens ont annoncé, dans une décision-camouflet pour Donald Trump, la création d’un mécanisme visant à préserver leurs échanges avec l’Iran tout en échappant aux sanctions américaines.

Quelques heures avant de prendre la parole, M. Trump a coupé court, dans un tweet matinal, aux spéculations sur un éventuel tête-à-tête avec le président iranien Hassan Rohani, assurant que ce n’était pas d’actualité.

« Peut-être un jour, à l’avenir. Je suis sûr que c’est un homme absolument charmant! », a-t-il ajouté.

La veille, l’homme fort de Téhéran avait lui-même assuré que rien n’était prévu en ce sens, jugeant que les Etats-Unis n’étaient « ni honnêtes, ni sincères ».

Habile communiquant, il a par ailleurs prévu une conférence de presse mercredi, juste après une réunion inédite du Conseil de sécurité centrée sur l’Iran et présidée par Donald Trump.

– « Conditions insultantes » –


Après des échanges d’une rare violence au cours de l’été, lorsque le président américain avait menacé l’Iran de représailles apocalyptiques, l’impasse est totale.

Washington a posé ses conditions –draconiennes– pour un nouvel accord. Téhéran a dénoncé une « longue liste de conditions préalables insultantes ».

Les Etats-Unis ont provoqué l’ire de leurs partenaires européens en se retirant de l’accord international censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, que Donald Trump juge trop laxiste.

Washington a rétabli toutes les sanctions levées après sa signature en 2015, avec un sévère contrecoup pour de nombreuses entreprises européennes, sommées de quitter l’Iran sous peine d’être frappées par des mesures punitives américaines.

Pour Rob Malley, ancien conseiller de Barack Obama et président de l’International Crisis Group, l’approche de la Maison Blanche peut se résumer ainsi: « Mettons le maximum de pression et regardons ce qui se passe ».

Or, met-il en garde, « il est peu probable que l’Iran revienne négocier un accord avec un pays qui vient juste de violer le précédent ». Et l’accroissement des tensions entre les deux pays couplé avec l’absence de canaux diplomatiques augmentent le risque d’un « affrontement accidentel et périlleux ».

Au-delà de sa dénonciation attendue du « régime meurtrier » de Téhéran, selon ses termes, Donald Trump devrait faire une nouvelle fois l’éloge de la « souveraineté » pour mieux décliner son slogan, « L’Amérique d’abord ».

« En tant que dirigeants de vos pays, mettez toujours vos pays en premier », avait-il lancé l’an dernier, plaidant pour des pays « indépendants » et « forts » comme socle de l’ordre mondial.

Le président américain devrait aussi défendre le bien-fondé des guerres commerciales qu’il a engagées sur plusieurs fronts, Chine en tête.

Selon un responsable de la Maison Blanche, il appellera « à la réforme du système commercial international », ainsi que celle d’autres institutions internationales pour les rendre « plus efficaces ».

Depuis l’hémicycle rassemblant les 193 Etats membres de l’ONU, Donald Trump aura aussi à coeur de parler à sa base électorale à six semaines d’élections parlementaires qui s’annoncent difficiles pour les républicains.


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