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Afghanistan : fin de l’attaque contre un centre d’entraînement des renseignements

Une attaque contre un centre d’entraînement des services de renseignement afghans s’est soldée jeudi sans faire de victimes civiles, pour une rare fois à Kaboul, où le groupe Etat islamique a commis mercredi « un crime de guerre », selon Amnesty international, en tuant des dizaines d’étudiants.

« L’opération de nettoyage est terminée », a annoncé le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai. « Deux assaillants étaient impliqués. Tous deux ont été tués. Il n’y a pas d’autres victimes. »

Les deux hommes armés étaient montés dans un immeuble en construction, d’où ils avaient visé un camp d’entraînement du NDS (Direction nationale de la sécurité, les services de renseignement afghans). Ils avaient ensuite échangé des tirs pendant des heures avec les forces de sécurité afghanes venues les déloger, ont raconté plusieurs responsables.

Des images filmées par la télévision privée Tolonews avaient montré des véhicules militaires patrouillant dans la zone, que survolait un hélicoptère.

L’assaut, qui n’a pas été revendiqué à ce stade, intervient au terme d’une semaine déjà sanglante pour l’Afghanistan.

Il s’est produit moins de 24 heures après un attentat-suicide fatal à moins 37 personnes contre une école d’un quartier chiite de Kaboul, revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) via Amaq, son canal de propagande.

Des lycéens pour la plupart âgés de 16 à 18 ans, d’après l’Unicef, y préparaient les concours d’entrée de l’enseignement supérieur.

« Des enfants ne sont pas, et ne doivent jamais être, les cibles de violences », a souligné l’agence onusienne, qui a qualifié l’attentat de « déplorable ».

« Viser délibérément des civils et des lieux d’éducation est un crime de guerre », a dénoncé Amnesty international dans un communiqué.

Les gouvernements occidentaux qui renvoient les migrants afghans « par milliers » vers leur pays d’origine, qui n’est « sans aucun doute (…) pas sécurisé », commettent des « violations du droit international », a-t-elle ajouté.

– « Ils nous tuent » –

Les proches et les familles de neuf victimes, très émus, ont assisté jeudi à un enterrement collectif. Une pelleteuse a creusé neuf tombes dans le sol aride. Certains pleuraient, d’autres étreignaient les cercueils.


« Il tuent nos personnes éduquées. Tous les jours, ils nous tuent… Mort à votre cessez-le-feu et à vos négociations de paix fantôme », a hurlé l’une des personnes présentes, en référence aux velléités de négociations de Kaboul avec les talibans pour mettre un terme à 17 années de guerre.

Les insurgés sont sous pression depuis des mois pour accepter d’ouvrir des négociations de paix avec le gouvernement afghan.

Les talibans avaient observé en juin un cessez-le-feu inédit de trois jours à l’occasion de la fin du ramadan, relançant les espoirs de paix après quelque 17 années de guerre.

« Chaque jour, nous sommes témoins d’attaques meurtrières à Kaboul et dans d’autres grandes villes. Je pense que les talibans ne croient pas en des discussions de paix », a pourtant estimé Shahenshah Shahin, un petit commerçant rencontré dans Kaboul.

« Les talibans vont essayer d’avoir l’ascendant pendant ces discussions, donc on ne peut pas exclure davantage d’attaques d’ici à un cessez-le-feu », a indiqué l’analyste Rahimullah Yusufzai, spécialiste des talibans.

« C’est la saison des combats et les talibans voudront accumuler les victoires avant l’hiver », a-t-il ajouté.

Jeudi dernier, ils avaient lancé un assaut sur Ghazni, que l’armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a mis plusieurs jours à repousser. Un calme précaire est revenu mercredi dans cette ville stratégique située à deux heures de route de Kaboul.

D’après l’ONU, des rapports font état de 150 civils tués dans ces combats.

De petits quartiers de Ghazni commençaient à recevoir de l’aide humanitaire jeudi, alors que les téléphones portables se remettaient progressivement à fonctionner après des jours sans accès au réseau.

Les insurgés ont aussi réussi à s’emparer mardi d’une base militaire dans la province de Faryab (Nord-Ouest), dans laquelle au moins 100 militaires étaient stationnés.

D’après l’ONU, le conflit a tué près de 1.700 civils sur les six premiers mois de l’année, un record depuis dix ans. La moitié de ces victimes sont mortes dans des attentats, attribués majoritairement à l’EI.


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