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Afghanistan: Washington salue des pourparlers « productifs » avec les talibans

La dernière série de pourparlers de paix entre les Etats-Unis et les talibans au Qatar a été « la plus productive » à ce jour sur l’Afghanistan, a affirmé samedi le négociateur américain Zalmay Khalilzad.

« Ces six jours ont été les plus productifs des (sept) rounds que nous ayons eus jusqu’à présent avec les talibans. Nous avons fait des progrès sur toutes les questions en discussion », a déclaré à des journalistes M. Khalilzad.

Les négociations portent sur quatre points: le retrait des troupes américaines, l’assurance que l’Afghanistan ne servira pas de sanctuaire à des groupes insurgés pour attaquer d’autres pays, un dialogue interafghan et un cessez-le-feu permanent.

« Pour la première fois, je peux dire que nous avons eu des discussions substantielles et des progrès sur les quatre questions », s’est félicité Zalmay Khalilzad.

De son côté, le porte-parole politique des talibans à Doha, Suhail Shaheen, s’est dit « heureux des progrès (accomplis) ». « Nous n’avons pas encore rencontré d’obstacles », a-t-il ajouté.

Dans un tweet, le porte-parole des rebelles islamistes avait annoncé une pause de deux jours dans les négociations avec les Etats-Unis en raison des discussions interafghanes qui doivent reprendre dimanche dans la capitale du Qatar.

M. Khalilzad, l’émissaire américain pour la paix en Afghanistan, a confirmé que les discussions directes bilatérales avec les talibans recommenceraient le mardi 9 juillet.

Après presque deux décennies d’intervention en Afghanistan, Washington met les bouchées doubles pour arracher un accord politique avec les talibans avant l’élection présidentielle afghane, prévue le 1er septembre, afin de permettre le retrait des dernières troupes américaines.

Parallèlement, une soixantaine de délégués afghans sont attendus à Doha dimanche pour tenter de progresser sur la voie d’un règlement politique.

Seront présents des responsables talibans, des membres des élites politiques — dont des opposants –, de la société civile et des médias ainsi que des femmes, a précisé le négociateur américain.


Co-organisée par le Qatar et l’Allemagne, cette rencontre se déroule sans la participation officielle de représentants du gouvernement de Kaboul, pourtant reconnu par la communauté internationale. Ils ne seront là qu' »en leur qualité personnelle ».

Les talibans refusent en effet de négocier avec le président afghan Ashraf Ghani.

« C’est une réunion de dialogue — ce n’est pas aux talibans d’imposer leurs conditions. Il y aura des hauts responsables du gouvernement, les conseillers du président (Ghani)… Tout le monde sera là en sa qualité personnelle », a insisté l’émissaire américain.

« Le président Ghani est à l’aise avec ça », a-t-il assuré.

Il s’agit de la troisième rencontre du genre après deux séries d’entretiens à Moscou en février puis en mai.

M. Khalilzad a dit espérer que les différentes factions afghanes puissent ouvrir à leur tour des négociations directes « relativement vite » à la suite de leur rencontre à Doha.

« C’est aux Afghans de décider quand débutent les négociations », a-t-il estimé.

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