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Allemagne: Angela Merkel en cinq étapes clés

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Usée par 13 ans de pouvoir, Angela Merkel a annoncé renoncer à la présidence de son parti, un signe que la chancelière allemande prépare sa succession. Des débuts de la « gamine » au déclin de 2017-2018, voici cinq étapes clés de sa carrière de chancelière.

– Tuer le père –

Le chancelier de la Réunification Helmut Kohl la surnommait « la gamine ». Dans le sillage de la chute du Mur, il confie à Angela Merkel ses premiers ministères.

La physicienne sans grand charisme gravit les échelons de la CDU, le parti conservateur. Elle « tue le père », englué dans un scandale de caisses noires, en prenant la tête du parti le 10 avril 2000. Le 22 novembre 2005, elle est la première femme à accéder à la chancellerie.

– Virage (semi) écologiste –

En 2011, après la catastrophe de Fukushima (Japon), Angela Merkel annonce sous la pression de l’opinion, la sortie du nucléaire d’ici 2022. Un revirement spectaculaire avec un objectif ambitieux: 80% des besoins énergétiques de l’Allemagne couverts par les renouvelables en 2050.

Mais toujours dépendante de ses polluantes centrales à charbon, l’Allemagne va rater l’objectif de réduction des émissions de gaz à effets de serre pour 2020.

Le crédit écologique de Mme Merkel a aussi été entamé depuis par sa volonté de préserver le secteur de l’automobile allemand, notamment lorsqu’il s’agit d’enrayer les émissions polluantes du diesel. Berlin pariait sur cette technologie pour réduire les émissions de CO2 mais elle a été largement discréditée par les tricheries des constructeurs.

– Madame « Non » –

Moustache hitlérienne, uniforme SS… Dans les manifestations anti-austérité à Athènes de 2012-2015, Angela Merkel n’échappe à aucune caricature.

Car face à la crise de la dette grecque, la chancelière se montre intransigeante, imposent des mesures drastiques d’économie en échange de plans de sauvetage internationaux.


Bien que pressée par la France, la chancelière ne cède rien, ce qui lui vaudra le surnom de « Madame Non ».

– L’accueil des réfugiés –

C’est l’événement des années Merkel. A la fin de l’été 2015, elle ouvre l’Allemagne à des centaines de milliers de demandeurs d’asile. Au nom du devoir humanitaire, malgré les critiques en Europe et dans son pays, elle martèle sans cesse « wir schaffen das » (« nous y arriverons ») en référence au défi de l’intégration.

Mais cette décision précipite sa baisse de popularité, et l’émergence d’une extrême droite qui profite des inquiétudes des Allemands, notamment après l’attentat sur un marché de Noël de Berlin en 2016 par un demandeur d’asile affilié au groupe Etat islamique (EI).

– 2017-2018: crépuscule politique ? –

Malgré un score historiquement bas et une percée historique de l’extrême droite, Mme Merkel remporte ses quatrièmes législatives de rang le 24 septembre 2017.

Après six mois de difficiles tractations, elle parvient à former une fragile coalition avec les sociaux-démocrates du SPD, laminés aux élections, et ses alliés conservateurs bavarois (CSU), qui réclament un tour de vis migratoire.

Depuis, les crises s’enchaînent, souvent autour de la question migratoire. Mme Merkel doit ainsi lutter contre son impétueux ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, chantre d’une droitisation pour contrer l’essor de l’extrême droite.

En octobre, ce sont les mauvais résultats électoraux en Bavière et en Hesse des conservateurs qui fragilisent encore la chancelière. Au point d’annoncer renoncer en décembre à la présidence de la CDU.

Signe que la succession se prépare, Mme Merkel a toujours considéré que la présidence du parti et la chancellerie allaient de pair. Mais selon des médias allemands, Angela Merkel compte rester chancelière.

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