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Allemagne: Niels Högel, l’infirmier tueur en série qui voulait être un héros

En mal de gloire, l’infirmier Niels Högel a tué ses patients en masse et sans état d’âme pour devenir le criminel en série le plus prolifique de l’après-guerre en Allemagne.

« Je dois dire que l’empathie ne jouait pas un grand rôle pour moi à cette époque », a-t-il admis lors de son procès dont le verdict est attendu jeudi.

Il répond de la mort d’une centaine personnes. Lui a systématiquement employé le terme « manipulations » pour qualifier ces meurtres de patients par injection de médicaments.

Depuis 2015, ce père d’une adolescente est déjà condamné à perpétuité, après avoir été reconnu responsable du décès de six patients.

Mais à priori, le nombre réel de ses victimes pourrait être bien plus élevé. La police évoque plus de 200 morts. Selon des codétenus, s’est lui-même sacré « plus grand tueur en série de l’histoire de l’après-guerre ».

– « Vraiment désolé » –

Très loquace lors de son procès, cet homme corpulent à la courte barbe noire de 42 ans a cherché à montrer un visage humain.

Sans vouloir justifier ses actes, il a décrit son état de stress dans des services en sous-effectif chronique, une rupture sentimentale « traumatisante » et son recours dans la foulée aux analgésiques et à l’alcool.

Et il s’est excusé, à sa manière. « Pour chacun des cas que je lis, peu importe que je m’en souvienne ou non, je suis vraiment désolé », a-t-il dit.

Au cas par cas, il a reconnu 43 meurtres, a dit ne pas se souvenir de 52 cas et a nié toute responsabilité dans cinq décès.

A la façon dont il décline ses souffrances, il donne l’impression d’un « petit tueur en série vulnérable » avait ironisé fin octobre le porte-parole des proches des victimes Christian Marbach, dont le grand père a été tué par l’infirmier.

Pour cerner sa personnalité, le journal local Nordwest Zeitung a interrogé d’anciens professeurs ou camarades de classe. « Sympathique, serviable, amusant », sont les mots qui reviennent.


Né le 30 décembre 1976 à Wilhelmshaven, Niels Högel grandit dans une famille catholique qu’il décrit comme « chaleureuse et stable ».

Elève très moyen, il n’ira pas jusqu’au bac mais entame à 16 ans dans l’hôpital de sa ville natale une formation d’infirmier, comme son père et sa grand-mère.

Le jeune homme décroche finalement son diplôme trois ans plus tard et reste travailler sur place, où il laisse le souvenir de quelqu’un de « gentil ».

– « Rambo de la réanimation » –

Une image qui ne colle pas avec celui qui, entre 2000 et 2005, a provoqué des arrêts cardiaques sur des dizaines de patients dans deux hôpitaux avant de tenter de les ramener à la vie, le plus souvent sans succès.

La façade du « type sympa » s’était déjà fissurée à l’hôpital d’Oldenbourg, où il avait décroché un job fin 1999.

Les réanimations – et les décès – aux soins intensifs se multiplient quand il est de service. Il est poussé à partir fin 2002, avec une bonne lettre de recommandation.

Ce qui lui permet de continuer son carnage à l’hôpital voisin de Delmenhorst, où on le surnomme alors le « Rambo de la réanimation ». Jusqu’à juin 2005, quand il est pris en flagrant délit.

Dans son acte d’accusation, le parquet a cité « l’ennui » et son envie de briller auprès de ses collègues comme motivations pour ses crimes. Pour « faire rapidement parti » du groupe, abonde l’accusé.

Les psychiatres ont établi qu’il souffrait d’un sévère trouble narcissique et avait un besoin maladif de se mettre en valeur.

Quand il parvenait à ranimer des patients, il se sentait apaisé pour quelques jours, selon l’analyse de référence du psychiatre Konstantin Karyofilis. « Pour lui, c’était comme une drogue ».



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