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AMLO, un an: promesses tenues, non tenues, à tenir

Le 1er décembre 2018, le président Andres Manuel Lopez Obrador entame son mandat avec la promesse de « transformer » le Mexique.

Un an plus tard, voici un bilan de cette présidence à la coloration populiste de gauche.

– Les promesses tenues –

Ecrire l’Histoire

Le fait même de remporter l’électon de juillet 2018, fut un moment historique. Pour sa troisième tentative, comme il s’y était engagé, Lopez Obrador, connu sous l’acronyme d’AMLO, envoie sur la touche les deux partis qui se partageaient le pouvoir depuis 90 ans.

Popularité:

L’ancien maire de Mexico promet de redorer le blason de la présidence. Ses derniers indices de popularité fluctuent autour des 60% d’opinions favorables, un précédent à ce stade du mandat, même s’il avait ouvert le jeu à 80%.

« Il domine la scène politique mexicaine », constate Duncan Wood, directeur du Mexico Institute at the Wilson Center, à Washington.

Symboles:

Lopez Obrador, 66 ans, a le sens des gestes symboliques. Il a ainsi renoncé à sa résidence, à l’avion présidentiel et renvoyé une bonne part de la garde républicaine. Il a aussi taillé dans son salaire à hauteur de 60%.

Contrairement à tous ses prédécesseurs, il tient une conférence de presse quotidienne et matinale, tout en parcourant inlassablement le pays afin de s’adresser directement au « peuple ».

Pas de scandales

Rien de tel qu’un scandale pour faire dérailler un politicien qui a fait campagne en vantant ses idéaux. Lopez Obrador a promis que sa présidence n’en serait pas affecté. Pour l’instant, il s’y tient.

Politiques sociales:

Comme il l’avait dit en campagne, il a lancé un programe social populaire afin de prêter assistance aux vieillards, aux jeunes et aux plus démunis. Quelque 13 mds USD ont été budgétés à cet fin pour 2020.

– Les non-tenues –

Crime et violence:

Il n’a pas réussi, contrairement à ses promesses, à enrayer la spirale de la violence des narcotrafiquants. Il n’a pas non plus mis en place un plan qui lui permettra de les neutraliser.

Le pays est donc bien parti pour battre son propre record de morts violentes en 2019 avec 28.741 tués à ce stade.

« Il est vrai qu’un an n’est pas suffisant pour qu’une stratégie sécuritaire donne des résultats. Le problème est que cette stratégie est pour le moins floue », explique le politologue Jose Antonio Crespo.

La situation économique :

Lopez Obrador s’était engagé à doper la croissance pour la faire grimper jusqu’à 2% en 2019. Mais sans succès. L’économie est au point mort.


« Il ne peut même pas enjoliver la situation parce que les chiffres parlent d’eux-mêmes », note le politologue Luis Estrada.

La tentation autoritaire :

Ses critiques l’accusent de centraliser les pouvoirs et miner les institutions, notamment les tribunaux, censés être indépendants.

Inefficacité :

En dépit de son mandat solide et de ses plans ambitieux, Lopez Obrador ne peut se targuer que de peu d’acquis depuis son arrivée au pouvoir.

« Il avait une occasion historique unique de rendre le Mexique meilleur, plus sûr, plus juste », regrette Wood.

« Au lieu de cela, son principal objectif a été de renforcer son pouvoir ».

Rapidité :

AMLO semble pressé. Il a passé sa première année au pouvoir à formuler un tourbillon d’annonces politiques hasardeuses suivies d’une mise en oeuvre chaotique et peu de suivi.

– A suivre, ennuis en perspective –

Corruption :

Une des promesses de campagne à tenir : éradiquer la corruption omniprésente dans la politique mexicaine. Aucun dossier n’a encore été porté devant la justice du pays.

Austérité :

AMLO a dramatiquement serré la ceinture budgétaire de son gouvernement. Mais « beaucoup d’experts craignent que cela n’altère le fonctionnement et l’efficacité de la plus grande partie du gouvernement fédéral », selon Crespo.

Pemex :

Lopez Obrador a promis de redonner quelques couleurs à Pemex, la compagnie pétrolière de l’Etat mexicain, mais après le versement de près de dix milliards de dollars, les résultats ne sont pas encore très visibles.

Donald Trump :

AMLO a tenté de maintenir une relation de type « peace and love » avec le président américain. Il lui a cédé en matière de politique migratoire sous peine de voir bondir les tarifs douaniers.

Mais le potentiel pour un conflit avec le puissant et vital voisin au nord de sa frontière est considérable, alors que la campagne pour la réélection de Trump en 2020 bat son plein.

Partira, partira pas :

D’aucuns au Mexique se demandent si AMLO respectera son mandat de six ans et cédera à son terme le fauteuil présidentiel. A suivre.


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