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Angela Merkel fait un pas vers la sortie après un cinglant revers électoral

Angela Merkel a posé lundi les jalons de la fin de sa carrière politique, en annonçant que son mandat de chancelière était le dernier et en renonçant à la présidence de son parti, conséquences d’un cinglant revers électoral régional en Allemagne.

Mme Merkel a fait ces annonces en interne lors d’une réunion à Berlin des instances dirigeantes du parti de centre-droit qu’elle dirige depuis 18 ans, l’Union démocrate-chrétienne (CDU).

Elle a dit vouloir rester chancelière mais « ce sera le dernier mandat », a indiqué à l’AFP une source proche de son parti sous couvert d’anonymat, des informations relayées aussi par les médias de référence en Allemagne. Et à cette date, en 2021, elle n’aspire pas non plus à poursuivre une carrière européenne, selon cette source, signifiant ainsi qu’elle se retirerait de la vie politique de premier plan.

En outre, lors du prochain congrès de la CDU en décembre, Angela Merkel « ne se représente plus à la présidence du parti », a ajouté cette source.

Une manière de préparer sa succession. La secrétaire générale de la CUD, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche de la chancelière, a d’ailleurs fait part de son intention de succéder à Mme Merkel à la tête du parti, selon des sources partisanes, strapontin pour une candidature à la chancellerie.

Il s’agit d’une volte-face pour Mme Merkel, conséquence d’un lourd revers électoral la veille pour son mouvement dans la région de Hesse où, bien qu’arrivé en tête, il a perdu plus de onze points par rapport au précédent scrutin, tandis que l’extrême droite et les Verts ont progressé nettement.

Mme Merkel avait jusqu’ici toujours dit considérer que la présidence de l’Union chrétien-démocrate (CDU) et la chancellerie allaient de pair, au risque sinon pour le chef du gouvernement de perdre en crédibilité et autorité.

– Merkel « visiblement triste » –

En agissant ainsi, elle permet à un ou une successeur d’émerger. Et la compétition s’annonce rude entre les tenants de la poursuite d’un cap modéré et centriste et ceux, qui ont le vent en poupe, prônant un net coup de barre à droite face à la poussée de l’extrême droite dans le pays.

« Elle était visiblement triste mais pas du tout amère » en faisant ses annonce, a indiqué la source à l’AFP, « elle a appelé de ses voeux à ce que le débat sur sa succession soit menée de manière amicale ».

Mme Merkel, qui a eu droit à une ovation des membres de la direction de son parti après ses annonces, selon ses proches, doit s’exprimer en début d’après-midi (12H00 GMT).

La chancelière lutte depuis des mois pour le maintien de sa coalition avec les sociaux-démocrates, mais celle-ci apparaît au bord de l’implosion après des échecs électoraux pour les deux partis dimanche en Hesse et début octobre en Bavière.


Mme Merkel, qui dirige le pays depuis 13 ans, est elle de plus en plus contestée dans ses rangs et dans l’opinion publique.

Les deux scrutins régionaux du mois d’octobre faisaient figure de test national de popularité pour Angela Merkel et son équipe à Berlin.

Depuis des semaines, le débat sur la succession de Merkel au sein du parti CDU n’est plus tabou, tant elle apparaît usée par le pouvoir 13 mois après sa victoire étriquée aux législatives.

En réalité, sa popularité n’a cessé de refluer depuis sa décision d’ouvrir les frontières du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016, à mesure que celle de l’extrême droite anti-migrants de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) progressait.

Ce mouvement s’est félicité lundi du début de retrait d’Angela Merkel. « Nous y sommes pour beaucoup », a trompété le co-président du parti Alexander Gauland. Le président d’un autre parti d’opposition, les Libéraux, Christian Lindner, a lui ironisé en jugeant que « Mme Merkel abandonne le mauvais mandat » en renonçant à la présidence du parti et non à la chancellerie.

– SPD en crise –

Plusieurs cadres du parti conservateur réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu’ici de publiquement débattre de son avenir.

L’autre grande source de difficultés pour la chancelière est son allié social-démocrate.

La présidente du SPD Andrea Nahles a agité dimanche soir la menace d’un départ du gouvernement faute de garanties rapides sur un meilleur fonctionnement du gouvernement, miné depuis des mois par des querelle internes, notamment sur la politique migratoire.

« L’état dans lequel se trouve le gouvernement est inacceptable », a-t-elle lancé.

Les militants sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à réclamer une cure d’opposition, par crainte de voir leur parti disparaître. Leur parti s’est effondré en Hesse d’une dizaine de points lui aussi à 19,8%.



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