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Aprés la présidentielle, les Mauritaniens se passionnent pour les Mourabitounes

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A peine sortis d’une élection présidentielle, sanctionnée par la victoire au premier tour du candidat du pouvoir Mohamed Ould Ghazouani, crédité de 52,01% des suffrages par la Céni, les Mauritaniens ont désormais le regard tourné vers l’Egypte où leur équipe nationale de football affronte ce lundi soir le Mali dans le cadre de la 1ére journée de la 32e Coupe d’Afrique des nations.Khadim Koné, 35 ans, électricien du bâtiment croisé dans les rues de Nouakchott, compte sur une belle victoire des Mourabitounes (surnom de la sélection mauritanienne), emmenés notamment par Ismaël Diakité et Moulaye Ahmed Khalil alias «Bessam», pour atténuer sa déception née de la défaite de son candidat,  Biram Dah Ould Abeid. Avec seulement de 18,58 % des voix, ce  dernier est arrivé deuxième mais loin derrière Ghazouani, le vainqueur du scrutin.

Quelque peu euphorique, Khadim déclare : « Ça fait longtemps qu’on joue au football (en Mauritanie), mais on ne s’était jamais qualifié même pour le tournoi Amilcar Cabral. Mais depuis l’arrivée de l’entraineur français Corentin Martins, on peut dire Machallah ».

Avant les pas de géant accomplis par le football mauritanien, il y a eu une traversée du désert que les supporters comme les joueurs n’ont pas oublié. « Nous avons été classés dans les derniers (206e sur 211 en 2012) avec les pays en guerre comme la Somalie ou d’autres qui ne jouent jamais au foot comme les îles Vierges britanniques », se souvient un ancien joueur dans Le Monde.

Aujourd’hui, les Mourabitounes sont 21e en Afrique et 103e dans le monde, un prodigieux bond en avant qui est le fruit d’un projet amorcé en 2011 par Ahmed Yahya, président de la Fédération de football de la République islamique de Mauritanie (FFRIM).

Le journal français rappelle que Ahmed a commencé sa carrière de dirigeant au FC Nouadhibou où, avec Aziz Boughourbal, un ami d’enfance, il crée à l’âge de 24 ans un club dans la capitale économique de la Mauritanie. Les deux hommes, tous deux patrons d’une société de pêche, travaillent au développement des infrastructures (centre de formation, salle de sport, soutien scolaire…) en misant sur la durée.

« Nos familles nous prenaient pour des fous, mais on a tenu bon, se souvient Ahmed Yahya. On a agi comme des passionnés mais en essayant de faire des choix responsables ». Depuis lors, le FC Nouadhibou, à nouveau sacré champion de Mauritanie en 2019, enchaîne les titres nationaux.

Aujourd’hui, à l’opposé des frictions qu’occasionne la politique, le football est le commun rassembleur des les Mauritaniens, à en croire Abdoulaye Dieng, un primo-votant trouvé, samedi jour de la présidentielle, au centre de vote du stade olympique de Nouakchott, lieu où le vainqueur du scrutin a glissé son bulletin dans l’urne.

« Après la qualification de l’équipe nationale à la Coupe d’Afrique, tout le monde était comme un seul homme. Et on était tous sortis pour les accompagner à l’aéroport » quand ils se rendaient en Egypte, se souvient le jeune homme, partisan de Baba Hamidou Kane (4e avec 8,71 %).


Si la sélection mauritanienne a déjà disputé deux fois (2014 et 2018) le Championnat d’Afrique des nations (CHAN), une compétition réservée aux joueurs locaux, sans l’once d’une victoire, les supporters espèrent tout de même voir leur sélection aller le plus loin possible dans la Can égyptienne.

« J’aimerais vraiment que cette équipe fasse un long parcours. Nous avons de très bons joueurs tels que Mamadou Wade, Adama Ba et Guidilèye Diallo », affirme avec emphase Khadim Koné.

A priori,  la tâche semble difficiles pour les Mourabitounes qui partagent la poule E avec de grosses pointures telles que l’Angola, la Tunisie et le Mali, leur adversaire de ce soir.

Peu connus au plan international, les joueurs de la sélection sont un mélange de locaux et d’expatriés évoluant dans des clubs de seconde zone en Afrique, en Europe et dans les pays du golfe. Le Mali ferait une erreur en les prenant de haut, oubliant que les Mauritaniens ont fait sensation lors des éliminatoires en faisant tomber notamment le Burkina Faso du virevoltant attaquant lyonnais Bertrand Traoré.

Durant leur stage de préparation à Marrakech, au Maroc, ils ont battu en match amical Madagascar (3-1) avant de chuter sur le même score face au Bénin.

Un bilan mitigé qui fait dire à Moustapha Sall, l’entraineur adjoint des Mourabitounes : «aujourd’hui, nos adversaires se méfient de notre équipe. L’effet de surprise ne joue plus en faveur des Mauritaniens. C’est le plus difficile qui commence ».



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