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Argentine: le budget d’austérité adopté par les députés

Le budget d’austérité pour 2019 visant à parvenir à un déficit budgétaire zéro conformément avec l’accord conclu avec le FMI a été adopté jeudi par les députés argentins.

Le texte doit encore être approuvé par les sénateurs. Jeudi à l’aube, après 18 heures de débats et des incidents entre manifestants et la police devant le parlement, le projet de loi a été adopté par 138 députés, rejeté par 103, et 8 se sont abstenus.

Confronté à une crise économique, le gouvernement du président de centre-droit Mauricio Macri a sollicité le Fonds monétaire international pour un prêt de 57 milliards de dollars, pour stabiliser la 3e économie d’Amérique latine, dont la monnaie s’est effondrée de 50% face au dollar.

« Nous sommes face à une crise, et le gouvernement doit prendre ses responsabilités. Le stress social et la récession nous obligent à voter cette loi aujourd’hui », a déclaré Mario Negri, le chef de file des députés de la coalition gouvernementale Cambiemos (Changeons).

Mercredi, des scènes de violence ont émaillé le débat. Des groupes isolés de manifestants ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre, qui les ont repoussés des abords immédiats du bâtiment du Congrès.

Le projet de budget est critiqué par les syndicats et l’opposition, notamment Unité citoyenne, le parti de gauche de l’ex-présidente Cristina Kirchner.

« Avec ce budget, ils viennent de baisser, les retraites, augmenter le prix des médicaments, plomber la construction d’infrastructures dans l’éducation, et d’assurer des hausses de tarifs dans les transports, les factures de gaz, d’électricité », a dénoncé après le vote l’ex-ministre de l’Economie de Mme Kircner Axel Kicillof.


De 6% en 2015, le déficit budgétaire primaire (sans les intérêts de la dette) a été réduit à 3,9% en 2017 par le gouvernement Macri, dont l’objectif de 2,7% de passif pour 2018 devrait être amélioré.

L’Argentine se trouve face à une récession qui devrait atteindre 2,6% en 2018 et 1,6% en 2019, selon le FMI.

Les Argentins sont confrontés en outre à une inflation de 40% sur les 12 derniers mois, à une crise de l’emploi en raison des licenciements dans le secteur public et le privé et une forte perte de leur pouvoir d’achat.

Dans ce pays de 44 millions d’habitants où l’inflation est très forte (40% sur les 12 derniers mois), le pouvoir d’achat a été grandement affecté, et une part croissante de la population s’oppose à la politique économique du gouvernement.

Pour faire passer le texte, faute de majorité au Parlement, le gouvernement a su rallier les suffrages de l’opposition péroniste modérée, de centre-droit.



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