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Armes chimiques : l’OIAC pourra désigner les auteurs des attaques en Syrie

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Les États-membres de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) ont octroyé mercredi à l’organisation le pouvoir d’identifier les auteurs des attaques, malgré l’opposition de la Russie et de la Syrie, toutes deux suspectées d’avoir utilisé des substances toxiques.

Lors d’un vote à huis clos à La Haye, où siège l’OIAC, 82 pays ont voté en faveur du projet contre 24 qui s’y sont opposés, a annoncé la diplomatie britannique, qui en avait pris l’initiative avec le soutien de la France et des États-Unis notamment.

« Une majorité écrasante pour rétablir le tabou » de l’arme chimique, s’est félicité l’ambassadeur du Royaume-Uni aux Pays-Bas, Peter Wilson, sur Twitter. « Grande victoire contre l’impunité et pour notre sécurité », a aussi tweeté l’ambassade de France.

Le texte prévoit que l’OIAC pourra « mettre en place les dispositions pour identifier les auteurs (d’attaques) aux armes chimiques dans la République arabe syrienne en identifiant et en rapportant toutes les informations potentiellement pertinentes sur l’origine de ces armes chimiques ».

Il a été adopté au terme d’un bras de fer diplomatique de deux jours.

Suspectés d’avoir employé respectivement des agents neurotoxiques contre un ex-espion russe en Grande-Bretagne et des gaz toxiques contre la population syrienne, Moscou et Damas y étaient opposés.

Dans une ambiance « chargée », selon une source diplomatique occidentale, les deux camps ont activement travaillé en coulisse pour faire pencher la balance en leur faveur.

Pour passer, le projet nécessitait une majorité de deux tiers des votants.

Ce vote survient alors que les inspecteurs de l’OIAC doivent très prochainement dévoiler un rapport très attendu sur l’attaque présumée au sarin et au chlore du 7 avril à Douma, près de Damas, qui a fait 40 morts.

Les Britanniques avaient demandé cette session extraordinaire de l’OIAC quelques semaines après l’empoisonnement par un agent innervant de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal et de sa fille à Salisbury (sud-ouest de l’Angleterre), une attaque chimique – la première depuis des décennies en Europe – que Londres a attribuée à la Russie.


– Obstruction russe –

Jusqu’au bout, la délégation russe a tenté de noyer les débats dans des questions de procédure avec le soutien des Syriens et Iraniens, selon l’ambassadrice canadienne, Sabine Nolke.

« Le Royaume-Uni a-t-il présenté des preuves tangibles dans la soi-disant +affaire Skripal+? Non », avait tweeté mercredi l’ambassade de Russie aux Pays-Bas. « Ils ont embrigadé leurs alliés dans une campagne flagrante contre la Russie. Maintenant, ils essaient d’entraîner l’OIAC dans leur petit jeu », avait-elle déploré.

La Russie avait présenté un projet de résolution alternatif avant, finalement, de le retirer.

Moscou estime que seul le Conseil de sécurité de l’ONU est légitime pour désigner ceux qui recourent à ces armes de destruction massive.

Fin 2017, les Russes avaient exercé leur droit de veto à l’ONU pour mettre fin au mandat de la mission d’enquête commune ONU-OIAC, le Joint Investigative Mechanism (JIM), visant à identifier les responsables des attaques en Syrie.

De plus en plus protectrice de Damas, son allié, à mesure que la guerre civile se propageait en Syrie, la Russie a affirmé que l’attaque de Douma avait été mise en scène par les sauveteurs volontaires syriens, connus sous le nom de Casques blancs.

Avant sa dissolution en décembre, le JIM avait déterminé que le régime syrien avait utilisé du chlore ou du gaz sarin au moins quatre fois contre sa propre population, et que le groupe État islamique avait utilisé du gaz moutarde en 2015.



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