International › AFP

Arts: la directrice de la Fiac veut corriger un déséquilibre entre grandes et petites galeries

Pas d'image

Jennifer Flay, la très déterminée directrice de la Foire internationale d’art contemporain (Fiac), cherche à corriger les disparités entre les grandes galeries du « top 50 » et les PME du monde de l’art qui ont du mal à survivre.

Q: Dans quelle atmosphère s’ouvre jeudi la Fiac 2018, alors que les marchés financiers sont instables?

R: « Je reste très confiante même s’il serait exagéré de dire que le contexte est totalement euphorique. Le marché de l’art se porte bien pour les valeurs sûres. Mais il y a depuis un ou deux ans un ralentissement net pour les artistes installés qui ne sont pas des stars du marché, et aussi pour les jeunes artistes.

Les marchés financiers sont instables et le Dow Jones a perdu des points; et les acheteurs n’évoluent pas dans un vase clos.

Cependant la qualité des oeuvres que présente la FIAC est reconnue. Preuve en est la présence de très nombreux acteurs de haut niveau de très nombreux pays et, pour la première fois depuis 2016 suite aux attentats de 2015, un très grand nombre d’Américains. »

Q: Un malaise ne règne-t-il toutefois pas dans les petites galeries qui restent souvent vides et sans acheteurs?

R: « C’est vrai, les grandes galeries avec des valeurs sûres continuent à travailler de façon remarquable avec des prix record. Les difficultés que connaissent les galeries de moyenne ou de petite taille vont s’estomper, je l’espère, parce que c’est là que se découvrent les talents de demain.

En 2017, nous avons mené une réflexion pour soutenir les galeries de petite et moyenne taille. Nous avons instauré un nouvelle structure de prix qui favorise les petites galeries sur les grandes enseignes. Les plus grands stands installés sur les grands croisements sont majorés en fonction de leur taille et de leur emplacement.


En septembre, la Foire de Bale a annoncé aussi une redistribution de ses prix, Frieze London a annoncé la même chose pour ses éditions à venir, mais la FIAC a été la première. »

Q: Comment comprenez vous l’autodestruction de l’oeuvre de Banksy, fortement relayée par les réseaux sociaux, et dont l’impact pas toujours positif est important sur le marché?

R: « Le spectaculaire exemple de Banksy est une anecdote, mais une anecdote fracassante. On a vu des singeries, des moqueries, et nombreux sont les commentaires qui circulent sur les réseaux sociaux, mais je ne pense pas que cela affectera le niveau des échanges à la Fiac.

L’évènement est isolé, orchestré par l’artiste, notamment pour exprimer le fait que son oeuvre est une oeuvre de rue. Quand elle fait l’objet d’une transaction financière dans une maison de ventes, quelque part elle s’éloigne de sa nature première, démocratique, éphémère. Je ne pense pas que cela puisse avoir un fort impact sur le marché de l’art.

Je ne crois pas que les réseaux sociaux favorisent une bonne connaissance du marché de l’art en tant que tel. Cela dit, ils favorisent une connaissance du paysage artistique, puisque beaucoup d’acteurs du marché de l’art publient des images, des points de vue sur les expositions qu’ils ont vues. »

(Propos recueillis par Jean-Louis DE LA VAISSIERE)

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut