International › AFP

Au Cachemire, les habitants fuient de crainte d’un nouveau conflit indo-pakistanais

Ils sont des milliers à avoir fui leurs villages au Cachemire indien et pakistanais, tandis que d’autres remettent hâtivement en état leurs bunkers longtemps inutilisés à la suite d’un regain de vive tension entre les deux puissances nucléaires voisines.

Des tirs nourris résonnent depuis mardi des deux côtés de la Ligne de contrôle, cette zone militarisée qui sert de démarcation entre les parties indienne et pakistanaise du Cachemire, forçant les habitants à se chercher un abri.

Quatre personnes, dont deux enfants, sont mortes mardi soir dans un échange de tirs, ont déclaré les autorités locales pakistanaises à l’AFP.

Mercredi, la pression s’est encore intensifiée quand Islamabad a affirmé avoir abattu deux avions indiens qui avaient pénétré dans son espace aérien. New Delhi a de son côté déclaré avoir détruit un chasseur pakistanais.

Au moins 2.000 personnes ont évacué les districts frontaliers de Kotli et de la vallée de Jhelum, côté pakistanais, a-t-on appris auprès de responsables, qui ont annoncé la fermeture des écoles publiques de la zone. L’exode a aussi frappé d’autres districts.

« De plus en plus de personnes quittent leurs maisons et se rendent dans des endroits plus sûrs », a déclaré Umar Azam, un fonctionnaire à Kotli.

Internet a également été coupé dans certains territoires près de la frontière, ce qui est souvent un signe de forte activité militaire.

Femmes, hommes et enfants, portant sacs et valises, étaient visibles sur les routes. Certains étaient accompagnés de leur bétail.

Inde et Pakistan se sont livré trois guerres depuis leur indépendance en 1947, dont deux autour de la région himalayenne du Cachemire, revendiquée par les deux pays, et chaque poussée de fièvre fait des victimes des deux côtés.

– « Pas en sécurité » –

Les obus tombaient toujours lorsque Habib Ullah Awan a fui son domicile avec huit membres de sa famille tôt mercredi.


« Ma maison n’était pas en sécurité à cause des tirs d’obus », explique à l’AFP cet épicier de 46 ans vivant à Chakothi, petit bourg sur la frontière indo-pakistanaise. « Il ne restera plus rien si un obus (la) frappe », témoigne-t-il.

Comme lui, la plupart des habitants de Chakothi se sont rendus à Muzaffarabad, la principale ville du Cachemire pakistanais, ou chez des proches vivant dans d’autres villages. L’administration locale a également établi un camp à l’intention des déplacés à Hattian Bala.

Mushtaq Ahmed affirme, lui, qu’il emmène femme et enfants à Muzaffarabad. « Mais je reviendrai. Je ne peux pas me permettre de laisser ma maison et mes biens sans surveillance », a-t-il indiqué à l’AFP.

Côté indien, les habitants font également état de bombardements intensifs.

« Nous avons passé une nuit d’horreur. Les obus n’ont pas touché le village, mais les avions de combat nous survolent encore », raconte Tariq, qui vit à Kamalkote.

A Poonch, plus au sud de la Ligne de contrôle, les autorités ont demandé aux habitants de préparer des bunkers, même si aucune victime n’y a été recensée à ce stade.

Certains ont entrepris, seaux à la main, de vider l’eau ayant noyé ces abris souterrains après un hiver rigoureux.

D’autres ont quitté leurs maisons. « Cela arrive régulièrement », observe l’un d’entre eux, qui a requis l’anonymat. « Mes proches savent que ma famille va arriver ».

D’après Baseer Khan, un haut responsable gouvernemental du Cachemire indien, les autorités sont toujours prêtes à évacuer les habitants de la frontière, mais aucun ordre n’a pour l’instant été donné en ce sens.

burs-str/tw/st/jf/ahe/agr

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut