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Au Mozambique, des sinistrés du cyclone la faim au ventre

A l’école Samora Machel à Beira, au Mozambique, les cours ont été suspendus. Les salles de classe, le gymnase, la cour ont été transformés en centre d’urgence pour accueillir des rescapés du cyclone Idai. « Tout est dur ici. Je me bats pour que mes enfants aient quelque chose à manger », se plaint Céleste Dambo.

« Aujourd’hui, nous avons eu de la soupe dans des tasses, mais ce n’est pas assez pour eux », s’indigne-t-elle.

Depuis jeudi, Céleste et ses trois enfants dorment par terre sur le terrain de basket couvert de cette école secondaire, fréquentée il y a des dizaines d’années par l’actuel président mozambicain Filipe Nyusi.

« Un bateau de pêche m’a secourue et amenée ici », raconte cette habitante de Buzi (centre), l’un des districts les plus touchés par les inondations qui ont suivi le passage du cyclone Idai la semaine dernière.

Mais « je ne sais pas où est mon mari », lâche-t-elle.

Idai a fait plus de 400 morts au Mozambique, et au moins 239 au Zimbabwe voisin.

A côté de Céleste, des rescapés enveloppés dans des couvertures à même le sol ou sur des bâches tentent de trouver le sommeil dans le gymnase bruyant.

Dehors, des femmes bavardent autour d’une immense marmite, posée au-dessus d’un feu de bois sur des briques brinquebalantes. Ici, il y a un millier de bouches à nourrir, essentiellement des femmes et des enfants.

Pour tromper l’ennui et la faim, deux enfants jouent pieds nus dans les couloirs de l’école, sous le regard bienveillant de l’ex-président Samora Machel, décédé en 1986.

– Chaos –

« Notre maison, mon école et tout le reste ont été emportés par les eaux », raconte Teresa Mendes, 12 ans, son petit frère à la main.


« Moi, ma mère et mes frères, on a grimpé à un arbre et on y est resté jusqu’à ce que l’eau descende et qu’un bateau vienne nous chercher pour nous amener ici ».

A une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Beira, à Dondo, dans une autre école réquisitionnée, des bureaux d’écoliers servent de fils à linge improvisés.

« Toutes nos maisons sont détruites, donc on n’a nulle part d’autre où aller et on n’a rien pour reconstruire », explique José Macuisa.

Il attend sa ration de nourriture, avec d’autres rescapés, gamelles et bassines à la main. Au menu, soupe et pomme.

Le vacarme est assourdissant. L’une des femmes en charge de la distribution, charlotte vissée sur la tête, a du mal à se faire entendre. Des sinistrés tentent de lui négocier un peu plus à manger.

Dehors, plusieurs tentent de forcer le passage pour décrocher un peu de nourriture déchargée d’un camion.

« J’ai des enfants, j’ai quatre enfants et ils vont manger que du pain ? Donnez-moi un sac », crie un homme excédé.

Une femme, son bébé endormi sur les hanches, dénonce les inégalités dans la distribution alimentaire.

« Ils n’en donnent pas à tout le monde, ils donnent seulement à ceux qui sont dans les salles. Mais ceux dehors ne reçoivent rien », dénonce Marta Antonio, dépitée.

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