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Autriche: le leader déchu du FPÖ dit avoir déposé plainte

L’ex-vice-chancelier autrichien d’extrême droite Heinz-Christian Strache a annoncé vendredi avoir déposé plainte contre trois personnes qu’il soupçonne d’être impliquées dans un enregistrement vidéo compromettant ayant provoqué une crise politique en Autriche.

M. Strache, qui a été contraint de quitter samedi le gouvernement et la direction du parti d’extrême droite FPÖ, a expliqué dans un message posté sur Facebook que sa plainte vise « de possibles complices » de l’exécution de cette vidéo tournée en caméra cachée en 2017 dans une villa de l’île d’Ibiza.

Il n’a pas précisé l’identité des personnes visées.

Un avocat viennois d’origine iranienne, Ramin Mirfakhrai, serait impliqué dans cette affaire, a révélé vendredi soir le quotidien allemand Bild, qui fait état d’une courte déclaration de son avocat.

M. Mirfakhrai aurait agi dans le cadre d’un « projet de motivation civile, relayé par le journalisme d’investigation », qui a créé une « dynamique » aboutissant à la démission de M. Strache, affirme dans une courte déclaration reprise par Bild et Die Welt cet avocat, Richard Soyer.

Plusieurs médias autrichiens avaient indiqué vendredi que les premiers contacts avec M. Strache et son entourage étaient passés par un avocat viennois qui aurait initié le rendez-vous d’Ibiza.

M. Mirfakhrai aurait ainsi rencontré une première fois le 24 mars 2017 Johann Gudenus, un proche de M. Strache également présent sur la vidéo d’Ibiza, pour évoquer dans un premier temps un achat immobilier. M. Mirfakhrai n’était cependant pas présent à Ibiza.

Lors de ce rendez-vous à Ibiza, un Autrichien possédant une agence de détectives à Munich (sud de l’Allemagne) accompagnait la pseudo-nièce d’un oligarque russe, selon les informations de presse autrichienne.


Bien avant la publication de cette vidéo explosive, les deux hommes auraient essayé de la monnayer contre d’importantes sommes.

De leur côté, les autorités autrichiennes enquêtent aussi sur le contenu et l’élaboration de la vidéo. Un autre aspect des investigations judiciaires concerne les propos de M. Strache suggérant que des dons au FPÖ sont passés par une fondation afin d’échapper aux contrôles.

A la suite de sa mise en cause sur la vidéo, M. Strache s’était excusé pour les propos tenus à Ibiza, tout en dénonçant un « attentat politique ciblé » contre lui et son parti.

La vidéo avait été tournée en juillet 2017 lors d’une soirée arrosée organisée dans cette villa spécialement louée pour piéger le dirigeant.

Ce dernier a notamment été filmé en train de proposer à la fausse nièce d’un oligarque russe d’importants marchés publics en échange de financements occultes.

La diffusion de cet enregistrement par des médias allemands le 19 mai, à quelques jours des élections européennes, a fait voler en éclat la coalition entre la droite et l’extrême droite

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