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Avant l’arrivée de Pompeo en Chine, Washington affiche leur rivalité

Du temps de George W. Bush, la Chine devait devenir un « acteur responsable » et, sous Barack Obama, Pékin devait accepter les règles de l’ordre international. Le message de l’administration Trump est moins enrobé: le milliardaire « ne cèdera pas » face à l’Empire du Milieu.

Le vice-président Mike Pence a prononcé jeudi l’un des discours les plus belliqueux émanant d’un haut responsable américain depuis que les deux pays ont renoué des relations il y a quatre décennies.

Il a qualifié le géant asiatique d’agresseur militaire, de voleur prolifique de technologies américaines et, plus controversé, l’a accusé d’interférer dans le processus électoral des Etats-Unis.

Pourtant, signe que l’Amérique considère encore que la Chine est importante, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo doit s’y rendre lundi après un arrêt au Japon, en Corée du Nord et en Corée du Sud.

En route vers l’Asie, M. Pompeo a dit à la presse que la Chine était « déterminée à soutenir nos efforts » face aux programmes nucléaire et balistiques de Pyongyang, malgré les tensions exacerbées.

De son côté, Mike Pence a relevé que les Etats-Unis espéraient l’amélioration des relations avec les Chinois tout en peignant un tableau sombre.

Selon lui, les Etats-Unis vont continuer à renforcer leurs dépenses militaires pour contrer une Chine en plein essor. Il a également renouvelé les menaces de multiplier par plus de deux les droits de douanes sur 250 milliards de dollars d’importations chinoises.

« Cela marque un changement important dans l’approche bipartisane à l’égard de la Chine qui avait dominé ces dernières décennies », a relevé Jamie Fly, un ancien responsable de l’administration de George W. Bush et directeur du programme pour l’Asie de l’organisation German Marshall Fund of the United States.

Le discours de M. Pence « n’empêche pas complètement la coopération sur des sujets restreints comme la Corée du Nord mais l’évaluation par les Américains des intentions de la Chine, de son objectif de remplacer en réalité les Etats-Unis et de faire reculer la puissance américaine apparait plus clairement », a-t-il souligné.

– Ligne dure –


Au-delà des positions polarisantes de MM. Trump et Pence, la ligne dure concernant la Chine reçoit une adhésion croissante à travers l’échiquier politique américain.

Peu d’élus ont objecté lorsque la Maison Blanche a estampillé la Chine de concurrent en décembre.

Des dirigeants d’entreprises qui prônaient depuis longtemps le réchauffement des relations avec cet immense réservoir de consommateurs ont grandement tempéré leurs positions, sur fond d’accusations d’espionnage industriel niées par Pékin.

L’ancien Premier ministre australien Kevin Rudd, qui dirige désormais l’Asia Society à New York, estimait récemment que le processus « d’engagement » ayant guidé pendant des décennies les relations sino-américaines « est maintenant officiellement et effectivement mort ».

« En conséquence, je crains que nous entrions désormais sur le chemin d’une stratégie de confrontation à moyen terme, car chaque partie rivalise pour avoir l’ascendant dans ce qui est de plus en plus perçu dans chaque camp comme un jeu sans gagnant », a-t-il ajouté.

La Chine a qualifié de « ridicule » le discours de Mike Pence. Mais elle a surtout fait preuve de mesure dans ses déclarations publiques. Son ministre des Affaires étrangères Wang Yi a promis la semaine dernière devant les Nations unies à New York que son pays n’avait pas l’intention de ravir aux Etats-Unis leur position au niveau mondial et qu’il aspirait à un système multilatéral stable.

Mais Pékin pourrait être encouragé par la tourmente régnant dans la politique américaine, tandis que les principaux alliés de Washington en Asie –le Japon et la Corée du Sud– s’inquiètent des tensions commerciales générées par l’administration Trump.

D’après M. Pence, la Chine mène des actions bien plus malveillantes que la Russie en matière d’interférence avec le processus électoral américain, citant une publicité dans un quotidien local ou le fait que les représailles chinoises aux tarifs imposés par Washington ciblaient des Etats pouvant être cruciaux lors des élections parlementaires du 6 novembre.

« La Chine représente un défi majeur pour la position économique, politique et stratégique des Etats-Unis mais les diaboliser gratuitement avec des demi-vérités et des déformations ne fait que compliquer les efforts pour trouver un nouvel équilibre des intérêts et redéfinir la relation avec Pékin », estime Robert Manning, un expert du groupe de réflexion Atlantic Council.


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