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Bassam: Marche des populations pour appeler Ezaley à « accepter les résultats de la CEI dans la dignité »

Vêtus de t-shirts blancs, des centaines de populations de Grand-Bassam, cité balnéaire au Sud-Est d’Abidjan, ont observé mercredi une « marche pacifique » assortie de danse guerrière, pour appeler le maire sortant, Philippe Ezaley, à « accepter dans la dignité » les résultats des élections municipales partielles de dimanche.Du Rond-point de la ville à la préfecture, des hommes, des femmes et jeunes, en grand nombre parmi lesquels des personnes âgées, ont battu le pavé pour demander à M. Ezaley de « reconnaître et accepter les résultats proclamés par la Commission électorale indépendante (CEI) dans la dignité et l’honneur ».

Dans une motion lue par Massatchè Doumbia, un acteur de la société et l’un des organisateurs de cette marche, les populations ont interpellé le maire sortant afin de comprendre qu’elles «n’accepteront plus une autre reprise des municipales 2018 à Grand-Bassam ».

En moins de deux mois, dira-t-il, c’est à la deuxième élection municipale qui se tient dans cette ville historique, première capitale coloniale et patrimoine mondial de l‘Unesco. Pour lui, ces scrutins ont causé «  trop de dommages » et cela ne saurait perdurer.

M. Ezaley, candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci,  ex-allié au pouvoir), a dénoncé des destructions d’urnes et des  incidents ayant privé dans ses fiefs 6 577 électeurs inscrits sur le  listing électoral. Et ce, du fait que la CEI a pris en compte 35 474  inscrits des zones non violentées.

« Nous exigeons au maire sortant, Georges Philippe Ezaley, de confirmer qu’il est le principal instigateur de l’envoi des loubards ayant cassé les urnes des lieux de vote du Collège moderne, de Bassam 1 et 2 », a-t-il dit, sous des salves d’applaudissements.  

Il devrait en outre « savoir qu’il a commandité le bourrage des urnes des centres du FDFP et Petit Paris à travers certains agents véreux de la CEI pris en flagrant délit», a lancé M. Doumbia, qui invite M. Ezaley à « cesser toute action visant à mettre en mal la cohésion sociale et la paix à Grand-Bassam ».


Le secrétaire exécutif en chef du Pdci, Maurice Kakou Guikahué, a appelé mardi, lors d’une conférence de presse à la reprise du scrutin dans les zones où les populations n’ont pas eu droit au vote, en raison du saccage des urnes et des incidents dans 15 bureaux de vote.

M. Ezaley avait comme principal adversaire, Jean-Louis Moulot, candidat  du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix  (Rhdp), la coalition au pouvoir, déclaré vainqueur par la CEI avec 8 319  voix contre 7 327 voix pour Philippe Ezaley, soit une différence de 992  voix.

« Nous ne voulons plus qu’on vole la victoire » de M. Moulot par le truchement « des amis de Ezaley» à la Cour suprême, selon Yacouba Camara, l’un des manifestants vêtu de boubou blanc, qui souhaite que le maire sortant, qu’il qualifie de « mauvais perdant quitte la mairie».

Plusieurs habitants, le visage badigeonné de caolin, ont arboré des t-shirts à l’effigie de Jean-Louis Moulot, qui veut axer ses actions, une fois à la tête de la cité, sur le développement de Grand-Bassam, et valoriser le potentiel de la ville.   

La Chambre administrative de la Cour suprême a ordonné en novembre la reprise des élections du 13 octobre 2018 dans deux régions et six communes. Les élections locales partielles ont ainsi eu lieu le dimanche 16 décembre dernier. Le Rhdp a raflé trois communes sur six et une région sur deux. 

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