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Booba, patron du rap français, chef d’entreprise et roi du « clash »

Neuf albums, une marque de vêtements à succès et des clashs à répétition. Après plus de vingt ans de carrière, Booba, jugé jeudi pour sa bagarre avec son rival Kaaris à Orly, trône toujours au sommet du rap français.

A longueur d’interviews, il répète qu’il n’a jamais voulu être rappeur. A ses débuts dans les années 90, celui qui doutait de sa voix a presque été « forcé » à rapper, dit-il.

Booba, Elie Yaffa de son vrai nom, s’est pris au jeu : à 41 ans, il est encore là.

« Booba était écouté par des jeunes de 20 ans en 1995, par des jeunes de 20 ans en 2003, en 2008, etc. », dit Mehdi Maizi, spécialiste du rap. Son rap n’a « rien à voir » avec celui de ses débuts, « il voit les dernières tendances et sait s’engouffrer dedans ».

Avec ses deux millions d’albums vendus sans compter les plateformes de streaming où il cartonne, il s’accommode du mécontentement des fans de Lunatic, le duo qui l’a fait connaître, et des critiques qui le taxent de mercantilisme.

« Une carrière aussi longue, c’est inédit », avance M. Maizi, aujourd’hui journaliste pour la plateforme de découvertes musicales OKLM fondée par Booba.

Sur le modèle de Jay-Z aux Etats-Unis, Booba a rapidement diversifié ses activités: deux labels, la marque de vêtements Unkut, une marque de whisky et de parfum.

Aux Inrocks en février, ce titulaire d’un BEP vente disait que le rap représentait « entre 35 et 50% » de ses activités.

Casquette sur les yeux, 1m92 de muscles tatoués qu’il exhibe volontiers à ses trois millions d’abonnés sur Instagram, le « duc de Boulogne » auto-proclamé a été élevé à Boulogne-Billancourt et dans le sud où il suit sa mère à 10 ans après le divorce de ses parents, avant un retour dans les Hauts-de-Seine.

Son enfance est modeste: sa mère fait des « boulots simples », son père travaille dans le monde de la nuit, explique sa manageuse.

Il est médiocre à l’école – « premier en sport et en chant », dira-t-il dans le morceau « Pitbull » où il sample « Mistral gagnant » de Renaud, meilleur parolier à ses yeux.


Métis – son père vient du Sénégal, qu’il visitera à 10 ans et d’où il reviendra avec son pseudo, hommage à un cousin, Boubacar -, il évoque dans ses morceaux le racisme de son enfance : « Tout commence dans la cour de récréation, +Malabar, Choco BN, sale noir!+, ma génération ».

Fan de Bob Marley comme de rap américain, il découvre les Etats-Unis lors d’un échange scolaire à Détroit à 15 ans, s’y sent « normal » pour la première fois, dit sa manageuse. Il est aujourd’hui installé à Miami depuis 10 ans, « pour la tranquillité ».

– « Irréprochable » –

Son séjour en prison après la bagarre d’Orly n’était pas une première.

A 22 ans, il passe 18 mois à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy pour le braquage d’un taxi et fera un bref séjour à la Santé après une fusillade devant la discothèque de Jean-Luc Lahaye à Aubervilliers en 2002, avant d’être innocenté.

Son avocat Yann Le Bras, à qui il rend hommage dans plusieurs morceaux, représentera aussi sa mère et son frère, victimes d’un rapt crapuleux en 2006.

Ses textes, violents et misogynes pour ses détracteurs, ont été encensés par La Nouvelle revue française, qui le compare à Céline en 2003.

« Quand j’vois la France les jambes écartées j’l’encule sans huile », « Enfance insalubre comme un foetus avec un calibre » … Pour désigner les « punchlines » de Booba, l’auteur Thomas Ravier invente la « métagore » : « Des rapprochements qui n’ont pas lieu d’être » et provoquent une apparition « impossible à se retirer de la tête ».

Sur Instagram, Booba vante ses dernières sorties, filme ses enfants (3 et 4 ans) et ses entraînements de boxe, et souvent, « clashe » ses rivaux, La Fouine, Rohff, ou Kaaris, qui le dit « en guerre contre le monde entier ». Booba jure ne faire que répondre aux attaques même s’il résiste mal à une « bonne vanne ».

Comme quand, à sa sortie de détention provisoire fin août, il poste une vidéo d’un chaton jouant avec un rongeur. « Je serai irréprochable », avait-il promis.


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