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Brésil: les grandes motivations des votes Haddad et Bolsonaro

L’un séduit avec son discours sécuritaire, l’autre concentre les espoirs de barrer l’extrême droite: Jair Bolsonaro et Fernando Haddad ont chacun leurs arguments pour attirer les électeurs au second tour de la présidentielle au Brésil dimanche prochain.

Voici les principales motivations affichées par les Brésiliens pour justifier leur choix du candidat qui va gouverner le plus grand pays d’Amérique Latine ces quatre prochaines années:

– Bolsonaro

. Un homme à poigne: l’ex-capitaine de l’armée se pose en garant d’un retour à l’ordre, dans un pays miné par la violence et les scandales de corruption.

Pour ses partisans, peu importe s’il fait constamment l’éloge de la dictature militaire (1964-1985) et justifie même l’usage de la torture.

Ils le voient comme l’homme capable d’utiliser la méthode forte pour régler les problèmes d’insécurité, notamment en armant la population.

. Retour de l’ordre moral : le candidat d’extrême droite, un catholique, a réussi le coup de maître de séduire la plupart des fidèles des églises évangéliques avec son discours en faveur de la « famille traditionnelle ».

. Dégagisme généralisé: même s’il est député depuis 27 ans, Jair Bolsonaro incarne un certain renouveau, notamment parce qu’il ne traîne pas les casseroles d’une classe politique éclaboussée par les scandales.


Il bénéficie d’un « très fort sentiment anti-PT (le parti d’Haddad) et de l’idée que, comme tous les hommes politiques (traditionnels) sont corrompus, aucun d’entre eux ne doit être réélu », considère David Fleischer, professeur de Sciences politiques à l’Université de Brasilia.

– Haddad

. L’héritier de Lula: Fernando Haddad attire un électorat nostalgique des années fastes des deux mandats de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010), qui a quitté le pouvoir avec une popularité record après avoir sorti des millions de Brésiliens de la misère grâce à d’ambitieux programmes sociaux.

Lula, qui rêvait de briguer un troisième mandat malgré son incarcération pour corruption, a finalement jeté l’éponge à un mois du premier tour après avoir été déclaré inéligible.

Les fidèles électeurs du PT clament son innocence et comptent sur Haddad, pour rendre le Brésil « heureux à nouveau », le slogan de sa candidature, après la cure d’austérité imposée depuis 2016 par le gouvernement du très impopulaire président conservateur Michel Temer.

. Le défenseur de la démocratie: Haddad est aussi le choix par défaut de nombreux Brésiliens qui veulent faire rempart à l’extrême droite.

Le fait que Bolsonaro défende l’héritage de la dictature militaire préoccupe au moins autant que ses nombreux dérapages racistes, homophobes ou misogynes. Mais il n’existe pas au Brésil de culture de « front républicain » comme celui qui a fait barrage à Jean-Marie le Pen puis sa fille Marine en France, en 2002 et 2017.

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