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Brésil: nouvelles manifestations d’étudiants contre les coupes budgétaires

Des milliers d’étudiants et d’enseignants sont descendus dans la rue jeudi dans une cinquantaine de villes brésiliennes pour une nouvelle journée de mobilisation contre des coupes budgétaires dans l’éducation annoncées par le gouvernement.

« Je suis ici parce que toutes les personnes d’origine pauvre méritent une éducation de qualité », a déclaré à l’AFP Kaio Duarte, qui étudie pour devenir assistant social, en manifestant à Brasilia, où près de 2.000 personnes étaient réunies près de l’emblématique esplanade des ministères.

« Je suis inquiet pour les prochaines générations, qui pourraient ne pas bénéficier de la même éducation que moi », a-t-il ajouté.

D’après le site internet d’informations G1, des manifestations avaient lieu dans une cinquantaine de villes de 18 des 26 Etats du Brésil à la mi-journée.

Le 15 mai, un million et demi de personnes s’étaient rassemblées dans plus de 200 villes de tous les Etats brésiliens.

Le président d’extrême droite Jair Bolsonaro avait alors traité les étudiants avec un certain mépris, les qualifiant d' »idiots utiles manipulés par une minorité experte qui compose le coeur des universités fédérales au Brésil ». Des propos qu’il a semblé regretter ensuite, préférant évoquer des « innocents utiles ».

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de partisans de Jair Bolsonaro ont manifesté dans tout le Brésil pour apporter leur soutien au chef de l’Etat et réclamer au Parlement plus de célérité dans l’approbation des réformes du gouvernement.

La mobilisation des étudiants est due à l’annonce du gel de 5,1 milliards de réais (environ 1,16 milliard d’euros) dans le budget de l’éducation. Cela affecte notamment les universités fédérales, qui pourraient disposer de 30% de fonds en moins pour leurs dépenses de fonctionnement.


Une semaine après les manifestations de masse du 15 mai, le gouvernement a annoncé que des fonds de la réserve budgétaire seraient utilisés pour combler une partie du gel annoncé au préalable.

Mais la mobilisation des étudiants continue, face à un gouvernement qui a pris une série de décisions controversées en matière d’éducation, avec notamment une intention affichée d' »expurger le marxisme culturel » de l’enseignement.

Le ministre de l’Education Ricardo Velez a été limogé début avril, après une série de couacs et de décisions polémiques suivies de rétropédalages.

Il a été remplacé par l’économiste Abraham Weintraub, qui semble vouloir poursuivre la croisade idéologique.

Peu après avoir pris ses fonctions, M. Weintraub a annoncé des coupes budgétaires dans trois universités accusées de « semer le désordre », leurs campus ayant accueilli des « manifestations contre le fascisme » ou des débats avec des élus de gauche.

Il a finalement précisé que la mesure s’appliquait à toutes les universités fédérales.



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