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Brexit: L’embarras d’un propriétaire d’un chenil à cheval sur la frontière irlandaise

« Il suffit de cligner des yeux pour l’oublier ». Neill McCourt, propriétaire d’un centre de soins pour chiens qui opère en Irlande et dans la province britannique d’Irlande du Nord a depuis longtemps oublié la frontière entre les deux pays.

Mais comme de nombreuses entreprises de la région, sa société, Dog Eclipse, est directement menacée par les répercussions potentielles du Brexit, en particulier en cas de rétablissement d’une frontière physique.

La libre circulation de ses employés et de ses clients – avec leurs animaux – est indispensable au maintien de son activité.

« Pour moi, c’est comme s’il n’y avait même pas de frontière, seulement une route à traverser », explique à l’AFP ce chef d’entreprise nord-irlandais de 39 ans, entouré d’une vingtaine de chiens agités.

Dog Eclipse, c’est un salon de toilettage, situé côté irlandais, et un chenil et une garderie animalière, de l’autre côté de la frontière, en Irlande du Nord.

Neill McCourt, qui a créé son entreprise en 2008, franchit cette démarcation jusqu’à six fois par jour, généralement accompagné de son teckel et de son doberman.

Après le Brexit, « il va y avoir beaucoup d’attente pour traverser la frontière et avoir recours à nos service ici », prédit-il devant son hangar de Newry, côté nord-irlandais.


Ses deux téléphones à la main – un pour chaque pays – il gère ses affaires. La moitié des chiens qu’il accueille viennent d’Irlande, l’autre moitié d’Irlande du Nord.

« Nous sommes installés juste à la sortie de l’autoroute, sur la frontière. L’idée c’était de bénéficier des échanges vers le nord comme vers le sud », confie-t-il en essayant de couvrir le vacarme des aboiements.

Bien que le devenir de la province nord-irlandaise demeure l’un des enjeux les plus sensibles du Brexit, Neill McCourt n’a pas voté lors du référendum de juin 2016 sur la sortie de l’UE. Et presque trois ans plus tard, alors que le gouvernement britannique n’en finit pas de négocier un accord de divorce, le sujet le laisse indifférent.

« Personnellement, ça ne m’excite pas trop. Il faut juste attendre de voir ce qui va se passer », lâche-t-il, impassible. « Je suis du genre à prendre la vie au jour le jour ».

Une sérénité que ne partage pas son employée, Sarah Karr, 28 ans, originaire d’Irlande. « Il est tellement détendu », s’étonne-t-elle en regardant son patron jouer avec ses chiens. « A sa place, je m’inquiéterais de ce qui va se passer s’il devait y avoir une frontière physique »



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