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Brexit: l’UE et Londres lancent le sprint final sous tension

Les dirigeants européens et le Royaume-Uni, réunis à Salzbourg, ont alterné messages de fermeté et mains tendues dans la dernière ligne droite des négociations du Brexit, qui continuent de buter sur le dossier irlandais.

Les 27 peaufineront leur stratégie pour les dernières semaines de tractations lors d’un déjeuner jeudi, sans la Première ministre britannique Theresa May, à six mois de la date prévue du départ du Royaume-Uni de l’UE.

« Il y aura effectivement un sommet spécial en novembre et les chefs d’Etat et de gouvernement vont soutenir cela », a déjà confirmé le chancelier autrichien Sebastian Kurz, à son arrivée jeudi matin, sans donner de date plus précise.

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait proposé la veille un tel sommet à la « mi-novembre », en plus d’un sommet déjà prévu le 18 octobre, initialement censé boucler les négociations.

« Je pense que vous savez que les approches sont encore très différentes », a observé jeudi M. Kurz.

Mais « derrière les prises de positions publiques dures dans les médias », « j’ai l’impression que les deux parties sont conscientes que l’on peut seulement trouver une solution si chacun fait un pas vers l’autre », a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas que nous devions tout accepter ou qu’elle (Mme May, ndlr) doive tout accepter », a souligné le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel. « Nous devons trouver un accord qui soit être équilibré pour les deux », a-t-il ajouté.

– Second référendum? –

« Il y aura des crispations », a prévenu, lui, le président français Emmanuel Macron qui a mis l’accent sur la nécessité que les 27 restent « groupés ». « Une solution doit être trouvée, mais elle ne saurait endommager la cohérence, la force des quatre libertés du marché unique », a-t-il insisté.

« Il y a un point de vue unanime, ou presque unanime autour de la table, selon lequel nous aimerions que (…) le Royaume-Uni tienne un autre référendum », a plaidé de son côté le Premier ministre maltais Joseph Muscat à la BBC.

Mais la veille, Mme May avait fermement exclu cette hypothèse et les deux parties s’étaient renvoyé la responsabilité des ultimes efforts à consentir pour « réussir » leur divorce.

« Si nous voulons parvenir à une conclusion réussie, alors, tout comme le Royaume-Uni a fait évoluer sa position, l’UE devra aussi faire évoluer sa position », a lancé la dirigeante conservatrice mercredi soir, peu après que Donald Tusk eut demandé à Londres des propositions « retravaillées ».


Londres et Bruxelles ont en réalité trouvé des compromis sur la plupart des contentieux nés de la rupture programmée, notamment la facture à régler. Mais ils continuent de buter sur certains points, principalement le sort de la frontière irlandaise.

Les deux parties sont d’accord pour éviter le rétablissement d’une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande, mais Londres conteste les termes du « filet de sécurité » (« backstop ») réclamé par l’UE pour garantir ce résultat.

La solution préconisée par les 27 –qui prévoit le maintien de l’Irlande du Nord dans l’union douanière s’il n’y a pas d’autre solution satisfaisante– est jugée « inacceptable » en l’état par Londres, car elle créerait à ses yeux une frontière de fait entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.

« Le temps presse » pour trouver une solution, a répété le Premier ministre irlandais Leo Varadkar: « Ce que nous voulons éviter, c’est toute nouvelle barrière aux mouvements de biens, au commerce et à la circulation des personnes ».

– Frontières extérieures –

Avant le déjeuner à 27 consacré au Brexit, les dirigeants européens ont commencé à débattre ensemble de questions de sécurité, comme la coopération policière ou la lutte contre les contenus terroristes sur internet.

Les chefs d’État et de gouvernement ont aussi commentéjeudi les discussions qu’ils ont eues la veille à huis clos sur les migrations.

Si certains ont parlé d’une « meilleure atmosphère », ils ont reconnu que le débat n’a guère évolué sur la question du partage de l’accueil des demandeurs d’asile arrivant sur les côtes européennes, rejeté catégoriquement par les pays de l’Est.

L’été a été marqué par des discussions tendues autour de navires transportant des migrants en Méditerranée, l’Italie refusant désormais d’ouvrir ses ports sans promesse d’un partage de l’accueil des demandeurs d’asile.

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a une nouvelle fois plaidé pour un « mécanisme européen » de solidarité entre Etats membres. « Si seulement une poignée de pays participent, on ne pourra pas dire qu’il s’agit d’un dispositif européen », a-t-il souligné.

M. Kurz, un tenant d’une ligne dure dans ce dossier, a estimé de son côté que « la question migratoire ne se résoudra pas par la répartition (des réfugiés au sein de l’UE), mais par la défense des frontières extérieures ».


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