International › AFP

Brumeuses et poissonneuses: cinq choses à savoir sur les Féroé

À mi-chemin entre la Norvège et l’Islande, quelque 50.000 personnes vivent aux Féroé, un archipel subarctique de 18 îles (dont une inhabitée). Cinq choses à savoir sur ce territoire autonome danois de près de 1.400 km2.

– 37 nuances de gris –

Difficile aux Féroé d’échapper au fog, ce brouillard qui ferait de ces terres un décor digne de Lord of the Rings. Parmi ces nombreuses déclinaisons, « Pollamjørki » désigne un brouillard qui recouvre le littoral, les baies et les vallées, et enveloppe le pied des montagnes alors qu’un ciel clair règne au-dessus.

« Si la météo ne te plaît pas, attends juste cinq minutes », veut un dicton répandu dans ce paradis des micro-climats multiples et changeants. Les communications sont néanmoins facilitées par un imposant réseau de tunnels routiers et sous-marins, des ferries et des liaisons en hélicoptère peu onéreuses pour les habitants des îles les plus éloignées.

– Un poisson nommé bonanza –

Aux Féroé, la mer n’est jamais à plus de 5 km. C’est peu dire qu’on en vit. La pêche (maquereau, hareng, cabillaud) et la pisciculture (saumon) représentaient 96% des exportations totales du territoire en 2017, soit 8,4 milliards de couronnes (1,1 milliard d’euros).

Le relèvement par les Féroé et l’Islande de leurs quotas de maquereau et de hareng a provoqué sur un vif conflit avec l’UE (y compris le Danemark, puissance tutélaire) entre 2010 et 2014. L’embargo européen sur les poissons féringiens s’est révélé très douloureux pour le territoire, ce qui l’a poussé à explorer d’autres marchés.

Absorbant aujourd’hui 29% des exportations de l’archipel contre 3,2% en 2010, la Russie est devenue le principal partenaire commercial, position consolidée par la crise ukrainienne et les sanctions prises par Moscou à l’encontre des produits alimentaires européens, auxquelles les Féroé –non membres de l’UE– échappent.

– La famille béliers –

Quelque 80.000 moutons paissent en semi-liberté aux Féroé, dont le nom dans la langue locale (« Føroyar »), potentiellement dérivé du vieux norrois, signifierait d’ailleurs « îles des moutons ».


Bien que le nombre d’ovidés dépasse de 60% celui de la population humaine, cela ne suffit pas à satisfaire l’appétit insatiable des Féringiens, lesquels importent donc chaque année entre 500 et 600 tonnes de viande d’agneau en provenance d’Islande et de… Nouvelle-Zélande.

– Vikings –

L’origine des premiers peuplements reste incertaine: des archéologues font état d’une installation humaine entre les IVe et VIe et certains récits évoquent la présence de moines irlandais avant le IXe siècle, date de l’arrivée –plus facile à attester– de Vikings venus de Norvège.

Fondée à cette époque, la capitale Tórshavn signifie « port de Thor », dieu de la force et du tonnerre dans la mythologie nordique.

Les îles deviennent en 1380 possession du royaume dano-norvégien, les deux pays n’en formant alors qu’un, puis elles deviennent exclusivement danoises en 1814, à la fin des guerres napoléoniennes, quand la Norvège passe sous la tutelle de la Suède. Elles obtiennent leur autonomie en 1948.

– Le travail après la retraite

Malgré un âge de départ à la retraite élevé (67 ans) et des pensions généreuses, de nombreux Féringiens choisissent de travailler au-delà.

Quelque 47,6% des personnes âgées entre 65 et 74 ans conservent une forme d’activité contre… 10,1% dans l’UE, une proportion qui monte même à 54,2% chez les hommes de l’archipel.



0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

Zapping Actu International
À LA UNE
Retour en haut