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Cameroun : la cession de la Bicec à BPC est un «simulacre de vente» (Avocats)

Les avocats locaux Guy Alain Tougoua et Michel Voukeng ont qualifié, à travers un communiqué reçu jeudi à APA, de «simulacre de vente», l’acquisition de 68,5% du capital de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec), précédemment détenu par le français Banque populaire et caisse d’épargne (Bpce), au groupe marocain Banque centrale populaire (BCP).Constatant «l’empressement à passer outre les oppositions et contestations encore pendantes», ils affirment que Bpce, après avoir fait perdre à la Bicec plus de 50 milliards FCFA en faute de gestion managériale dans le cadre de la compensation automatique entre son actif et son passif, «ne dispose plus d’aucune action à vendre dans le capital» de ladite banque.

Selon eux, le groupe Bpce étant à la fois actionnaire de la Bicec et de BCP, la cession alléguée  encourt un risque de préjudices graves aux dépens de la communauté des déposants de l’établissement. En outre la participation du président du conseil d’administration de la Bicec, Jean Baptiste Bokam, dans cette opération, n’engage que lui «puisque le droit de préemption de l’État du Cameroun n’existe pas dans le pacte des actionnaires».

L’offre camerounaise, soutiennent Guy Alain Tougoua et Michel Voukeng, attend l’arbitrage du ministère des Finances, qu’elle a sollicité, et considère que la participation des nationaux au capital de la Bicec jusqu’à concurrence de 49% est une des grandes opportunités prévues par le président la République du Cameroun.

Voici un an, les deux auxiliaires de justice ont déposé une requête au tribunal de première instance de la métropole économique, Douala, demandant à être autorisés à assigner les dirigeants de la Bicec, Bpce, la Commission des marchés financiers (CMF) et la Commission bancaire des États de l’Afrique centrale (Cobac) afin de dénoncer « l’exclusion des nationaux, tant personnes physiques que morales» du processus de cession de la banque, un acte considéré comme «une violation grave de principes constitutionnels et de droit public et privé en vigueur au Cameroun », mais aussi un «ostracisme (…) proscrit par les règles de droit applicables aux multinationales».


On rappelle qu’en 2016, la Bicec a été secouée par un scandale de détournements de fonds impliquant des cadres et prestataires de services, les pertes engendrées étant alors estimées, selon des sources judiciaires, à plus de 50 milliards FCFA pour la seule année 2015.

Étalée sur une période de 12 ans, cette distraction de la trésorerie s’est en outre soldée par un résultat net avant impôts en baisse de -50.8% par rapport à celui de 2014, et par un fonds pour risques bancaires généraux (Frbg) ayant décru de -63.4% par rapport à décembre de l’année d’avant.


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