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Can 2019 et économie en couverture des journaux camerounais

Les journaux camerounais parus vendredi retiennent leur souffle, en attendant la décision dans la journée, par le Comité exécutif (CoMex) de la Confédération africaine de football (Caf), du maintien ou du retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) 2019 au pays, lequel ne se porte guère mieux au plan de l’économie.En affirmant que «le sort du Cameroun se joue à Accra», le quotidien à capitaux privés Mutations semble traduire l’état d’esprit d’une opinion nationale dont les pensées, les yeux et les esprits sont tendus vers la capitale ghanéenne où, dans la journée, le comité exécutif de l’instance du ballon rond pourrait décider du retrait à Yaoundé de l’accueil de la plus grande fête sportive continentale.

Rien n’est acquis pour le Cameroun, renchérit Le Jour, rappelant que lors d’une réunion, le 29 octobre dernier à Charm el-Cheikh en Égypte, la Caf avait déjà pointé «un retard important dans la réalisation des infrastructures».

« La sentence attendue ce jour du ComEx intervient, rappelle InfoMatin, dans un contexte relativement tendu entre Yaoundé et la CAF, du fait du retard maintes fois dénoncé par l’instance dans le respect du cahier de charges remis et accepté par la partie camerounaise, le 20 septembre 2014.»

Une décision de retrait de la Can au Cameroun serait le pire scénario pour le pays, constate Le Jour, rappelant qu’après une inexplicable période de léthargie, le gouvernement a fait de l’organisation de ce grand rendez-vous sportif une priorité absolue.

Si le pays était écarté, ose Mutations, la Caf devrait relancer une procédure d’appel à candidatures pour désigner un autre pays hôte.

Un pays qui pourrait être situé au nord de l’Afrique, particulièrement le Maroc, qui selon The Guardian Post joue l’unité du Maghreb contre le Cameroun depuis des mois.

Au sein de la Caf, et selon des indiscrétions, plusieurs membres du ComEx, s’avance InfoMatin, semblent pencher pour l’option d’un délai supplémentaire au Cameroun pour parachever les préparatifs, «toute chose qui reculerait d’autant les CAN de 2021 et 2023 attribuées respectivement à la Côte d’Ivoire et à la Guinée Conakry. De quoi nourrir une nouvelle polémique, dont on imagine qu’elle n’arrangerait pas les affaires du pouvoir de Yaoundé».


Évitant soigneusement ce sujet qui fâche, le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, lui, préfère lorgner du côté du Parlement qui achève, samedi, les travaux de sa 3ème session ordinaire consacrée au vote du budget de l’État.

Mais, avant même cette apothéose, c’est l’hémicycle de l’Assemblée nationale qui a été, raconte Le Jour, le théâtre d’une passe d’armes entre la majorité et le groupe parlementaire du Front social démocratique (SDF, opposition), qui a refusé d’examiner à la hâte le texte qui structure le budget de l’État, dénonçant ainsi l’arrogance du gouvernement vis-à-vis du législatif.

Le Parlement doit cesser d’être la boîte postale de l’exécutif, s’insurgent les protestataires dans une longue tribune publiée par ce journal : «Ce projet de Loi de finances soulève beaucoup de préoccupations similaires à celles que nous avons déjà relevées au sujet des projets de Lois de finances antérieurs, telles que les déséquilibres budgétaires, les dépenses futiles, les processus d’élaboration du budget, les détournements grossiers de fonds publics, la corruption, les mensonges éhontés, les priorités mal placées.»

Et les polémiques ne s’arrêtent pas à ce niveau, constate Le Quotidien de l’Économie qui annonce un bras de fer entre l’Association des producteurs de boissons alcoolisées (Capa) et le ministère des Finances, les premiers cités ayant adressé une lettre ouverte au gouvernement au sujet de trois nouvelles mesures fiscales qui, selon eux, auront un effet cumulatif dépressif sur leur activité avec un impact sérieux sur la bourse des consommateurs.

«Prix de la bière : ça mousse pour le bras de fer», s’amuse Mutations : alors que le ministre des Finances annonce une hausse maximum de 15 FCFA, les entreprises brassicoles évoquent plutôt une augmentation attendue comprise entre 100 et 150 FCFA la bouteille de bière.

La Capa, rappelle le journal, a déjà subi, en 2015, les effets néfastes d’un effort fiscal supplémentaire, la détérioration du pouvoir d’achat des consommateurs ne permettant pas à ses membres de supporter un nouveau choc fiscal.



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