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Can de volleyball et politique en couverture des journaux camerounais

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Le retour au bercail des volleyeuses, sacrées fraîchement championnes d’Afrique en Égypte, ainsi que la prorogation du mandat des conseillers municipaux, supplantent l’actualité économique dans les journaux camerounais parus mardi.Parties sans tambour ni trompette pour les championnats continentaux de la discipline, les «Lionnes indomptables» du volleyball, après leur parcours héroïque couronné d’un trophée, ont reçu un accueil digne de leur exploit, commente le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune.

Même le président Paul Biya y est allé de son message sur Tweeter, salue InfoMatin, pour témoigner son respect pour la performance ainsi réalisée par la capitaine Christelle Nana et ses camarades.

«Cahier d’un sacre au pays des Pharaons», titre Le Messager qui célèbre une jeunesse féminine audacieuse, solidaire et unie, un groupe dont on ne vendait pas cher la peau et qui a réussi à transcender ses handicaps, ses insuffisances et tous les préjugés qu’on leur a collé à la veille de la compétition.

Et, alors que Le Jour s’emploie à présenter individuellement ces filles au cœur de lionnes, Mutations, sur quatre colonnes à la Une, rappelle que ce sacre en terre égyptienne intervient deux ans après celui de 2015 à domicile, demandant par ailleurs que les pouvoirs publics, qui n’ont d’yeux que pour le football masculin, consacrent davantage de moyens aux autres disciplines qui, de plus en plus, mettent du baume au cœur des populations.

 À peine cet intermède passé que la politique reprend ses droits à travers la prorogation par le président de la République, la veille et ce jusqu’au 29 février 2020 ainsi que l’annoncent Le Jour et Le Messager, du mandat des conseillers municipaux.

Élus le 30 septembre 2013, ceux-ci, rappelle Cameroon Tribune, avaient déjà bénéficié d’une première rallonge qui s’achève le 29 octobre 2019. Et de préciser que dans son exposé des motifs, le gouvernement expliquait sa demande de prorogation par le souci de prendre en compte les différents délais légaux, en vue de permettre la tenue d’un double scrutin législatif et municipal.

Le décret du chef de l’État proroge à nouveau le mandat des conseillers municipaux, et forcément celui des députés, acquiesce InfoMatin avec ce bémol pour la tenue conjointe des deux consultations : il va falloir, pour cela, que le retour à la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, où règne une guerre séparatiste, soit effectif, toute chose qui, malgré les efforts tous azimuts consentis par les pouvoirs publics pour un retour à la paix dans les deux régions, pourrait encore prendre un peu plus de temps au regard de la situation sur le terrain.


Ce constat est d’autant plus pertinent, renchérit Le Messager, que Paul Biya observe un silence assourdissant sur la question, lui qui a annoncé la tenue d’un dialogue inclusif et qui, depuis son retour d’un séjour tumultueux et Suisse, «n’a toujours pas donné des signes d’un début de concertation comme l’attendait le peuple».

Mutations, à travers une caricature intitulée «Après Genève : le silence présidentiel», présente un chef d’État dans une île déserte, couvert jusqu’à la tête avec cette bulle : «Je dois me faire oublier un moment.»

Pendant ce temps, soupire The Guardian Post, la situation sur le terrain continue de se dégrader avec, dans la ville de Kumba (Sud-Ouest), des miliciens indépendantistes semant la terreur, tirant dans tous les sens, tuant au besoin pourobliger les motos-taximen à respecter leur mot d’ordre de «villes mortes».

Ce qui s’est passé ce lundi, relatent en chœur Mutations et The Info, c’est que des conducteurs de motos de la ville, qui se rendaient en groupe chez le préfet de la ville où des bons de carburant leur avaient été promis, ont été déroutés par des tirs de sommation, eux qui quelques jours plus tôt avaient bruyamment manifesté à travers cette cité après l’assassinant d’un de leurs camarades par des séparatistes.

Ils étaient environ 7000, samedi dernier à protester contre l’équilibre de la terreur, rapporte également Cameroon Tribune, évoquant une initiative d’autant plus encourageante que de nombreux parents du Nord-Ouest et du Sud-Ouest viennent de découvrir, stupéfaits sur les réseaux sociaux, qu’un des activistes anglophones ayant décrété l’«école morte» venait de soutenir une thèse de doctorat dans un lointain pays occidental, où il réside.



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