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Chine: la femme d’un avocat empêchée d’assister à son procès

La femme de l’avocat Wang Quanzhang a affirmé mardi, à la veille de son procès, avoir été de facto assigné à domicile pour l’empêcher de se rendre au tribunal.

Mme Li Wenzu, qui s’était rasée la tête la semaine dernière pour dénoncer la détention prolongée et sans jugement de son époux, a indiqué que « plus de 20 » membres des forces de l’ordre stationnaient en bas de son domicile pékinois en début d’après-midi.

L’un d’eux lui a explicitement dit qu’elle ne devait pas se rendre à Tianjin, ville à quelque 120 kilomètres de Pékin où son mari doit être jugé, a-t-elle précisé sur l’application de messagerie WeChat.

« J’aimerais avoir des ailes qui poussent (…) et m’envoler librement jusqu’à Tianjin », écrit-elle.

Interrogée par l’AFP, la police de Pékin n’a pas réagi dans l’immédiat.

M. Wang est le dernier d’un groupe d’environ 200 défenseurs des droits de l’homme arrêtés en juillet 2015 à n’avoir encore été ni jugé ni libéré.


Wang Quanzhang, qui a défendu des militants politiques, des membres de la secte interdite Falungong et des paysans dépossédés de leurs terres, a été formellement inculpé de subversion en janvier 2016.

Le cas de M. Wang suscite la préoccupation de capitales occidentales. En mai, Mme Li avait été reçue par Angela Merkel lors d’une visite de la chancelière allemande à Pékin.

Ce n’est pas la première fois que le procès d’un dissident est organisé à cette période de l’année où l’attention des pays occidentaux tend à se relâcher. Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, avait été condamné à 11 ans de prison le 25 décembre 2009. Il est mort l’an dernier d’un cancer du foie alors qu’il était toujours statutairement en détention.

L’an dernier, le dissident Wu Gan avait écopé de huit ans de prison au terme d’un procès organisé aussi au lendemain de Noël. Il avait refusé de plaider coupable de subversion.

Outre Mme Li, les autorités chinoises semblent vouloir empêcher un ralliement de sympathisants au procès de Wang. Zhang Baocheng, condamné à deux ans de prison en 2014 pour avoir appelé les cadres du régime à déclarer leur patrimoine comme mesure anti-corruption, a affirmé avoir initialement projeté de se déplacer à Tianjin. Mais il y a renoncé en comprenant qu’il serait accompagné et surveillé toute la journée. « C’est leur cadeau de Noël, en quelque sorte », a-t-il dit à l’AFP.

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