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Chute drastique des exportations de café en RDC

Les exportations de café ont enregistré une chute drastique au cours des vingt dernières années en RD Congo, se situant actuellement à 11.000 tonnes contre 120.000 tonnes au début des années 1980, selon le constat fait par le président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), lors des travaux du forum sur les états généraux des filières café et cacao qui se tiennent du 18 au 20 juin à Kinshasa.Cette baisse est également significative dans la filière cacao qui disposait jadis d’au moins 300 producteurs formels, mais qui ne sont plus qu’une vingtaine actuellement, a déploré le patron des patrons congolais, Albert Yuma dans son intervention au cours de ce forum placé sous le thème général « l’amélioration du climat des affaires dans les filières café et cacao en RD Congo : enjeux, défis, contraintes et opportunités ».

Selon divers intervenants à ce forum, les raisons de l’effondrement des filières café et cacao sont nombreuses, notamment la faiblesse de la productivité dans le secteur agricole, le problème d’évacuation des produits, les mesures dites de « zaïrianisation » de 1973, l’abandon des plantations de café et de cacao, le vieillissement et le manque d’entretien des plantations existantes.

Autres raisons de la chute de ces deux filières, les pillages de 1991 et 1993, les différentes rébellions et guerres, mais surtout, à l’Est du pays, la fraude massive qui fait que le café et le cacao congolais sont vendus sous d’autres étiquettes et dénominations faisant ainsi obstacle à la visibilité des produits congolais au bénéfice des pays voisins.

Pour relancer ces deux filières en RD Congo, le ministre d’Etat en charge du Commerce extérieur préconise d’inventorier toutes les unités agro-industrielles des filières café et cacao en vue de leur relance, de mettre fin à la fraude dans les exportations à travers les services opérant aux frontières.

Il préconise aussi l’assouplissement des conditions d’accès au crédit agricole pour les paysans et les autres opérateurs économiques intéressés par les cultures de rente (café et cacao), d’envisager à moyen et long termes la transformation sur place de ces produits ainsi que d’investir dans les voies de communication pour faciliter et fluidifier les échanges sur le territoire national.


En outre, Jean-Lucien Busa envisage de créer une Agence nationale de la promotion des exportations à travers laquelle les filières café et cacao bénéficieront d’un appui majeur.

Pour sa part, le directeur exécutif de l’Organisation internationale du cacao, Jean-Marc Anga, a indiqué que le marché mondial du cacao est dominé par le continent africain qui fournit 76% de la production mondiale.

Il a recommandé à la RD Congo l’élaboration d’un Plan national cacao. « Avec la très bonne qualité des sols des zones de production et les réserves de terres cultivables parmi les plus importantes du monde, la RD Congo a un énorme potentiel pour devenir un acteur majeur de l’économie agricole au monde en ce qui  concerne le cacao, a-t-il affirmé.



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