International › AFP

Cigarette bannie dans les parcs: « l’interdit aide le fumeur »

Le bannissement de la cigarette dans les parcs adopté par le conseil municipal de Strasbourg est un interdit qui « aide le fumeur », estime Béatrice Le Maître, médecin tabacologue au CHU de Caen interrogée mardi par l’AFP.

Q: Interdire de fumer dans un parc à l’air libre, en quoi est-ce important pour la santé publique?

R: « Ce n’est pas tant la question du danger du tabagisme passif. Des mégots par terre et des tonnes de produits toxiques jetés dans les parcs, où les enfants peuvent les ramasser, ce n’est pas terrible. Et surtout c’est l’exemplarité qui compte. Un parc, c’est un endroit où on doit être respectueux de la nature. Je ne suis pas extrémiste anti-tabac, mais je trouve cette interdiction tout à fait normale ».

Q: Est-ce que les interdictions aident les fumeurs que vous voyez à arrêter?


R: « Les mesures de ce genre aident d’abord la prise du conscience des fumeurs. Et puis il y a l’exemplarité et la norme: fumer dans un parc, c’est aussi faire de la promotion de la cigarette. Les enfants peuvent se dire: tiens, il a l’air cool. L’interdiction contribue à ce qu’on appelle la dénormalisation du tabagisme. Il y a encore beaucoup à faire, et surtout il ne faut pas s’imaginer que parce qu’on a augmenté les prix et on a beaucoup moins de fumeurs, c’est gagné. Mais l’interdit aide le fumeur. En entreprise les gens fumaient près des machines à café, et quand ça a été terminé, les fumeurs ont dit: je fume moins parce que de toute façon on m’y entraîne. Ils ne vont pas l’exprimer en disant qu’ils sont contents qu’il y ait des restrictions, mais ceux qui ont envie d’arrêter se sentent soutenus ».

Q: La France pourra-t-elle un jour aller aussi loin que des pays comme Singapour, où la cigarette n’est pratiquement plus tolérée dans les lieux publics?

R: « Il y a dix ans par exemple j’étais allée au Japon, et de façon intuitive, alors qu’il n’y avait pas toute cette réglementation, il était complètement interdit de fumer dans les parcs. C’était simplement une question de respect. Mais si on prend l’exemple de Singapour, on ne sera jamais à ce niveau-là. On a des lois sur le tabac qui sont bien faites, et qui sont loin d’être toujours respectées. On a une culture différente: on ne sera jamais aussi disciplinés, je pense ».



0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut