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Colis piégés: Cesar Sayoc, pro-Trump et obnubilé par les démocrates

Cesar Sayoc, soupçonné d’avoir envoyé des bombes artisanales à des personnalités critiques du président américain, donne l’image d’un homme farouchement pro-Trump, épinglant sans relâche les démocrates dans des messages souvent incohérents sur les réseaux sociaux.

Les fenêtres d’une camionnette blanche qui lui aurait appartenu sont couvertes de photos triomphales de Donald Trump et de son vice-président Mike Pence, aux côtés des visages, couverts d’une cible rouge, de la démocrate Hillary Clinton et de l’ex-président Barack Obama.

Un autocollant proclame aussi que « CNN est nul », la chaîne régulièrement critiquée par Donald Trump.

Tous étaient les destinataires de colis suspects interceptés cette semaine.

Se faisant également appeler Cesar Altieri, le suspect est né le 17 mars 1962 et avait un casier judiciaire en Floride, où il habitait dans la ville d’Aventura, au nord de Miami.

En 2002, il avait été inculpé pour une menace à la bombe, selon les archives judiciaires du comté de Miami-Dade consultées par l’AFP. Il avait écopé d’une peine d’un an avec sursis.

Cesar Sayoc portait une casquette rouge marquée du slogan de Donald Trump « Rendre à l’Amérique sa grandeur » (« Make America Great Again ») sur une photo qu’il avait publiée sur son compte Facebook.

Dans des tweets souvent décousus et mal orthographiés, accompagnés de nombreux retweets de photomontages rudimentaires, Cesar Sayoc appelait ces derniers jours à voter républicain le 6 novembre, lors des élections parlementaires qui seront déterminantes pour la suite du mandat de Donald Trump.

Dans ses derniers messages, il éreintait le candidat noir au poste de gouverneur en Floride, Andrew Gillum, dénonçant son incompétence supposée au poste actuel de maire de Tallahassee et l’accusant sans aucune preuve d’être à la solde du financier et donateur démocrate George Soros.

Originaire de Hongrie, le milliardaire juif est la cible régulière des adeptes de théories du complot et des nationalistes, en Europe et aux Etats-Unis. Cesar Sayoc lui avait dédié de nombreux tweets.

– Le « meilleur » président –


« Joyeux anniversaire meilleur commandant en chef perturbateur qui secoue Washington dans tous les sens », avait-il écrit pour l’anniversaire en juin de Donald Trump, qui est commandant en chef de l’armée américaine. « Merci pour tout ce que vous faites et contre tout le monde et pas être arrêté jamais. Tout droit et construisez le Mur génial ».

D’autres messages font référence à Debbie Wasserman Schultz, une élue démocrate dont l’adresse avait été notée sur les colis comme en étant l’expéditeur. Dans ses tweets, Cesar Sayoc avait d’ailleurs mal épelé son nom de famille en employant le même orthographe, « Shultz », que sur les colis piégés.

Des tweets ciblaient également le sénateur Cory Booker et l’élue de la Chambre des représentants, Maxine Waters, tous deux également visés par des paquets.

Cesar Sayoc semble avoir utilisé au moins deux comptes Twitter: @hardrock2016 et @hardrockintlent, où il écrivait respectivement sous les noms « Cesar Altieri » et « Julus Cesar Milan ».

Son dernier tweet, sur @hardrock2016, date de mercredi, le jour où la plupart des colis ont été découverts.

Sur l’un de ses comptes Twitter, il se décrit comme un ancien joueur professionnel de football, lutteur et pratiquant un sport de combat en cage.

Il dit avoir fait des études vétérinaires à l’université en Caroline du Nord, sur son profil LinkedIn. Il aurait voulu être « un docteur pour les chevaux » car il a « toujours aimé les animaux qui étaient là en premier et ne font jamais rien à personne », écrit-il.

Cesar Sayoc fait également référence à de nombreuses reprises à la tribu amérindienne Seminole sur Twitter, tandis que sur LinkedIn il mentionne des origines philippines, en affirmant notamment que son grand-père était un chirurgien de renom originaire de l’archipel.

Il y affirme également avoir travaillé pour l’hôtel et casino Hard Rock tenus par la tribu Seminole à Hollywood en Floride, mais ces derniers ont affirmé dans un communiqué n’avoir « aucune preuve » qu’il y ait vraiment travaillé ni qu’il appartienne à la tribu.



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