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Coronavirus : l’Afrique se mobilise pour sauver son économie

Plusieurs Etats africains, frappés par le coronavirus, s’emploient à soutenir leurs économies afin de limiter l’effet dévastateur de la pandémie.Pas de doute. La crise sanitaire consécutive au Covid-19 va engendrer de graves conséquences économiques. L’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE), dans son rapport publié le 2 mars dernier, estime d’ailleurs que « la croissance annuelle du PIB mondiale devrait baisser globalement à 2,4 % en 2020, en partant du chiffre déjà faible de 2,9 % enregistré en 2019 et elle pourrait même être négative au premier trimestre de 2020 ».

En Afrique, celle-ci « devrait tomber à 1,8 % au lieu de 3,2 % en 2020, essentiellement à cause des interruptions dans les relations commerciales », selon la Secrétaire exécutive de la Commission Économique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), Vera Songwe.

Bien plus pessimiste, l’économiste franco-béninois, Lionel Zinsou, dans une interview accordée à France 24, soutient que « la récession sera bien plus grande (pour le continent) que la crise économique de 2008 à laquelle l’Afrique avait échappé ».  

Face à ces tableaux sombres dressés par institutions et experts économiques, de nombreux pays africains appliquent une batterie de mesures. Objectif, éviter que les secteurs fortement malmenés par le Covid-19 ne sombrent. 

Agir en urgence

Dès l’apparition du premier cas sur son sol, le Royaume du Maroc, sur ordre du roi Mohammed VI, a mis en place un Fonds de gestion de la pandémie qui devait être doté de 10 milliards de dirhams (plus de 930 millions d’euros). Grâce aux diverses contributions, il a finalement atteint près de 30 milliards de dirhams. Ce fonds servira à financer la mise à niveau du système sanitaire, mais aussi à soutenir l’économie.

Les autorités marocaines ont également mis sur pied un Comité de veille économique pour suivre l’évolution de la situation et décider des mesures à prendre pour limiter les dégâts puis faciliter la reprise.  

Jugeant insuffisantes ces mesures, la Confédération générale des entreprises du Maroc (Cgem) avait demandé aux autorités de suspendre les charges fiscales au 31 mars et la déclaration du coronavirus comme cas de force majeure pour les marchés publics.  Le patronat marocain avait aussi proposé une indemnité de perte d’emplois pour les bas salaires à activer pour cause de licenciement économique.

Suite à ces demandes, les pouvoirs publics ont annoncé la suspension du paiement des charges sociales et l’acceptation d’un moratoire sur le remboursement des crédits bancaires par les entreprises.

Le 19 mars dernier, de nouvelles mesures sont venues s’ajouter à celles précitées. Il s’agit du versement, par le Fonds de gestion du coronavirus, d’un salaire mensuel net de 2000 dirhams (187 euros) aux employés affiliés à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) et qui sont en arrêt de travail, et l’octroi d’un moratoire pour les Petites et Moyennes Entreprises (PME) et les Très Petites Entreprises (TPE) pour les crédits et les leasings de trois mois.

Les TPE, dont l’activité se poursuit et qui souffrent de difficultés de trésorerie, pourront bénéficier d’une ligne de crédit supplémentaire grâce à une garantie qui sera prochainement mise en branle par la Caisse centrale de garantie.

Il est enfin prévu un report du décaissement fiscal pour les entreprises dont le chiffre d’affaires n’atteint pas 20 millions de dirhams. Pour les sociétés ayant un chiffre d’affaires dépassant ce seuil, rien ne change sur le plan fiscal. Le versement est maintenu au 31 mars prochain.


Tout comme le Maroc, la Tunisie va décaisser 2,5 milliards de dinars (environ 800 millions d’euros) pour atténuer l’impact économique et social de cette crise sans précédent. Pour les travailleurs dont le revenu ne dépasse pas 1000 dinars (315 euros), le remboursement des dettes bancaires est reporté.

De même, les services comme l’électricité, l’eau ou le téléphone ne seront pas coupés même en cas de factures impayées. Le gouvernement prévoit d’accorder des primes spéciales aux personnes les plus vulnérables et des mesures de soutien à la trésorerie des entreprises vont être diligentées. Il s’agit entre autres du report des mensualités des crédits, du paiement des impôts à partir du 1er avril, mais aussi des charges sociales et des taxes.

En ligne de front, le Premier ministre tunisien Elyes Fakhfakh a informé de la création d’un Fonds spécial de soutien aux entreprises en difficulté pour leur permettre de reprendre plus rapidement leurs activités après la crise. Les stocks de médicaments, de carburants et d’aliments sont renforcés grâce à une enveloppe exceptionnelle de 500 millions de dinars.

En Afrique du Sud, deuxième puissance économique du continent, la Banque centrale a décidé jeudi dernier de baisser son taux directeur de 1 %, en l’établissant désormais à 5,25 %. Cela devrait donner un peu plus de marge de manœuvre aux acteurs économiques et enlever un peu de pression sur les banques.

Elles pourront se refinancer pour moins cher et injecter davantage de liquidités dans l’économie du pays déjà en récession bien avant l’apparition du Covid-19.

Au Rwanda, la Banque centrale a assouplira les modalités de remboursements des prêts bancaires pour les entreprises et les particuliers affectés par la pandémie. Cinquante millions d’euros ont été débloqués pour venir en aide aux banques commerciales qui auraient besoin de liquidités supplémentaires.

En Côte d’Ivoire, le président Alassane Dramane Ouattara (ADO) a indiqué, lundi soir, la création d’un Fonds dédié d’un montant de 95,8 milliards F CFA (146 millions d’euros). En plus de l’instauration de l’état d’urgence, des mesures sont à l’étude pour soutenir l’économie et « soulager les populations », a fait savoir ADO.

Ce dernier a notamment instruit son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly d’évaluer, en concertation avec le secteur privé, « l’impact économique et financier » du coronavirus.

Pour sa part, le Sénégal s’est doté d’un Fonds de riposte et de solidarité d’un montant de 1000 milliards F CFA (1,5 milliard d’euros), a indiqué Macky Sall lundi soir lors de son discours à la nation.

De plus, le président sénégalais va consacrer « une enveloppe de 50 milliards F CFA (75 millions d’euros) à l’achat de vivres pour l’aide alimentaire d’urgence ». L’hôtellerie, la restauration, le transport et la presse vont aussi bénéficier de l’appui du gouvernement.


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