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Côte d’Ivoire : 4% de cas de grossesses en milieu scolaire sont l’œuvre d’enseignants

« Seulement 4% » de cas de grossesses en milieu scolaire sont l’œuvre d’enseignants, a révélé, mercredi, à Bouaké (Centre-Nord), le secrétaire général, coordonnateur de la Direction régionale de l’éducation nationale (DREN) Bouaké 1, Diby Konan.M. Diby s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture de la campagne de sensibilisation initiée par le Réseau ivoirien pour la promotion de l’éduction pour tous (RIP-EPT) pour la scolarisation de la jeune fille et la lutte contre les grossesses en cours de scolarité, dans six villes de la Côte d’Ivoire que sont Bondoukou, Gagnoa, Bouaké, Daloa, San Pedro et Man.

 « Les cinq dernières années quand nous avons fait les statistiques nous nous sommes rendus compte qu’il n’y a que 4% de cas de grossesse en milieu scolaire qui sont l’œuvre d’enseignants » a fait remarquer Diby Konan, regrettant qu’on a pourtant « l’impression que les textes qui sont faits sont justement contre les enseignants ».

Pour l’autorité éducative qui dit militer pour l’option « zéro grossesse » à l’école, « nous sommes tous interpellés par ce phénomène ». De ce fait, le programme de sensibilisation du personnel éducatif est un élément de  « base » mais, « combien sont-ils les parents en Côte d’Ivoire qui se sont déjà exercés à discuter de sexualité avec leurs enfants ? », a-t-il questionné.

Pour le vice-président du RIP-EPT, Klauss Juvenal Kassi, cette campagne de sensibilisation, en prélude à la rentrée scolaire prévue lundi prochain, vient donc apporter des réponses sur la nécessité d’accompagnement de la scolarisation de la jeune fille et de l’appropriation des textes la protégeant contre toute forme de violences y compris les grossesses en cours de scolarité.

De façon spécifique, a-t-il indiqué, il s’agit à travers cette opération « d’inviter les responsables syndicaux , les encadreurs, les responsables des établissements scolaires, les communautés et les parents d’élèves à visualiser un film documentaire traitant de la question des grossesses en cours de scolarité, en vue d’entamer des débats sur les causes et les conséquences de ce phénomène aussi bien pour les filles que pour les auteurs ».

Sensibiliser les acteurs sur le contenu des textes juridiques protégeant la jeune fille, et ouvrir un débat avec les parents sur l’éducation de ces dernières sont entre quelques chapitres importants traités au cours de cette campagne, a ajouté M. Kassi.


« L’Etat a effectivement prévu des sanctions pénales pour les professionnels de l’éducation nationale qui se rendent coupables de comportements déviationnistes à l’égard des élèves qui se terminent souvent par des grossesses », a rappelé, pour sa part à la presse, le secrétaire général de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO, Zoumana Soro, après avoir entretenu la cible de cette campagne (enseignants, personnel d’encadrement, associations et organisations de base, parents d’élèves…etc.) sur les textes législatifs qui protègent la jeune fille.

En outre, a-t-il complété « la loi est générale, impersonnelle et obligatoire et « cette loi dit que toute personne, élèves ou enseignants qui se rend coupable d’acte sexuel avec une mineure avec ou sans son consentement est poursuivi devant les tribunaux ivoiriens ».

Selon le juriste, la Constitution ivoirienne ainsi que plusieurs arrêtés et le code pénal relativement à la protection des mineurs, sont entre autres quelques textes législatifs qui punissent les auteurs des grossesses des jeunes filles en cours de scolarité.

Selon une étude publiée en mars 2018 par la Direction des stratégies, de la planification et des statistiques (DSPS) du ministère de l’éducation nationale, 4276 cas de grossesses en milieu scolaire ont été constatés en 2016-2017 en Côte d’Ivoire dont 4137 cas dans le secondaire général et 139 au primaire, avec pour pic enregistré dans les régions  du Gontougo (Bondoukou, Nord-est), Marahoué (Bouaflé, Centre-Ouest), Haut-Sassandra (Daloa, Centre-ouest), Gkêkê (Bouaké, Centre-Nord) et dans le district d’Abidjan au Sud du pays.

Toujours selon ce rapport de la DSPS, le taux d’achèvement des études au niveau des filles dans le second cycle du secondaire général est passé de 15,0% en 2013-2014 à 24,4% en 2017-2018, soit une augmentation de 9,4% en 5 ans.


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