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Cour suprême: l’accusatrice du candidat de Trump prête à témoigner

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La nomination du candidat de Donald Trump à la Cour suprême traverse une passe à haut risque: une femme qui accuse Brett Kavanaugh d’agression sexuelle dans les années 80 s’est dite prête lundi à témoigner au Sénat pour bloquer sa confirmation.

Conscient du danger, le juge Kavanaugh, 53 ans, a immédiatement fait savoir qu’il se tenait lui aussi disponible pour « réfuter » les dires de son accusatrice et défendre son honneur.

La menace est extrêmement forte dans une société sensibilisée à la thématique des violences sexuelles depuis l’éclosion du mouvement #Metoo, qui a fait tomber des dizaines d’hommes de pouvoir en un an.

Elle est d’autant plus importante que les démocrates sont prêts à s’emparer de cette affaire pour empêcher la nomination à vie du magistrat, qu’ils jugent trop conservateur.

Son arrivée placerait en effet les juges progressistes ou modérés en minorité pour de longues années à la Cour suprême, juridiction qui arbitre les questions fondamentales de société aux Etats-Unis (droit à l’avortement, armes à feu, droits des minorités…).

Depuis des semaines, les démocrates ont déployé toute leur énergie pour ralentir le processus de confirmation au Sénat qui, selon la Constitution américaine, a le dernier mot sur les candidats désignés par le président.

Leur but? Repousser le vote après les élections parlementaires de novembre, qui pourraient faire perdre leur courte majorité sénatoriale aux Républicains (51-49).

Mais leurs efforts sont pour l’instant restés vains. Un vote en commission sénatoriale est prévu jeudi sur la confirmation de Brett Kavanaugh, avant le vote final en séance plénière dans la foulée.

La partie semblait donc pliée pour le juge Kavanaugh, quand Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, a fait vaciller l’édifice.

– « Ni insultée ni ignorée » –

Elle a accusé dimanche, dans les pages du Washington Post, le juge Kavanaugh de l’avoir agressée sexuellement lors d’une soirée arrosée remontant à leurs années de lycée dans la banlieue de Washington.

Ce dernier et un ami, « complètement ivres », l’auraient coincée dans une chambre et le jeune Kavanaugh l’aurait maintenue de force sur un lit, avant de se livrer à des attouchements et d’essayer de la déshabiller. Elle dit avoir pu se dégager de son étreinte et quitter la pièce.


Après 36 ans de silence, la professeure de psychologie, a décidé de parler.

« J’estime désormais que mon devoir civique pèse plus lourd que mon angoisse et ma terreur face à des représailles », a dit cette électrice démocrate au quotidien.

Elle est même prête à livrer son témoignage à la commission sénatoriale chargée d’examiner la candidature du juge Kavanaugh, a ajouté lundi son avocate Debra Katz.

Dénonçant des accusations « complètement fausses », le juge Kavanaugh s’est également mis à disposition du Sénat pour défendre son « intégrité ».

Fait remarquable, Donald Trump, toujours prompt à réagir sur Twitter lorsque il est confronté à un obstacle, est jusqu’ici resté complètement silencieux sur ce dossier.

C’est sa conseillère Kellyanne Conway qui est montée en première ligne lundi, en assurant que Mme Ford ne devait être ni « insultée ni ignorée » et qu’elle méritait d’être entendue par le Sénat, tout comme le juge Kavanaugh.

Mais les dix sénateurs démocrates de la commission judiciaire ne l’entendent pas de cette oreille.

Ils ont demandé dans un courrier au président de leur commission que leurs travaux soient suspendus le temps que le FBI mène une enquête « complète » et « professionnelle ».

Cette affaire renvoie à la nomination d’un autre juge suprême Clarence Thomas, qu’une ancienne collègue Anita Hill avait accusé de harcèlement sexuel lors d’une audition devant la commission sénatoriale en 1991.

Dénonçant une cabale raciste, le magistrat avait nié ces allégations et la commission avait choisi de le croire. Il est aujourd’hui le seul Noir à siéger à la Cour suprême.

Vendredi Anita Hill, qui avait subi un interrogatoire difficile devant les sénateurs, a espéré que cela soit plus « juste » cette fois-ci. « J’ai vécu ce qu’il se passe quand une procédure se retourne contre l’accusatrice, et personne ne devrait vivre cela à nouveau. »


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