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Crise anglophone et budget 2019 à la Une des journaux camerounais

La tenue annoncée d’une conférence sur la crise anglophone fait les choux gras des journaux camerounais parus lundi, avec en prime quelques conjectures sur la proposition de Loi de finances 2019 déposée au Parlement par le gouvernement.Se tiendra, se tiendra pas ? Telle est la grande préoccupation affichée en couverture de l’hebdomadaire de langue anglaise The Post au sujet de l’organisation, annoncée dès mercredi à Buea (Sud-Ouest), de la Conférence de tous les Anglophones.

La question se pose avec d’autant plus d’acuité, selon la publication, que des rumeurs persistantes font état de pressions diverses, exercées par le gouvernement pour faire échec à ce conclave organisé sous les auspices du cardinal Christian Tumi et avec l’assentiment de la communauté internationale, mais dont la déclaration de manifestation publique n’a toujours pas reçu de réponse des autorités.

Dans les couloirs, Intégration confirme «des craintes» des pouvoirs publics en rapport avec la «All Anglophone Conference», objet d’une réunion la semaine dernière au ministère de l’Administration territoriale : avec sa hiérarchie, le gouverneur de la région du Sud-Ouest est venu faire le point, eu égard aux enjeux stratégiques, sécuritaires et symboliques de cet événement étalé sur deux jours mais dont la tenue n’a pas encore été formellement validée par les autorités de Yaoundé.

 L’enjeu de ces assises est pourtant crucial, appuie La Voix du Centre, en ce sens qu’elles permettront de formaliser les revendications de la communauté anglophone, qui seront ensuite présentées au gouvernement et autres composantes de la société en vue d’un dialogue national de résolution d’une crise violente qui dure depuis octobre 2016.

 «Il faut arrêter avec cette sale guerre !» s’écrie The Voice qui, depuis son début, a comptabilisé environ 1000 tués chez les sécessionnistes «ambazoniens» et quelque 200 autres dans les rangs des forces de défense et de sécurité.

 Les séparatistes ambazoniens sont en train de manger leurs propres enfants, soupire The Rambler cependant que, pour L’Épervier, seule une vraie décentralisation constituera la solution à cette crise.

 Les couvertures de Eden, Le Jour, Mutations et The Guardian Post affichent le portrait de Christopher Fomunyoh, directeur régional pour l’Afrique du National Democratic Institute (NDI), proche du Département d’État américain et qui tire la sonnette d’alarme sur le pourrissement de la situation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

«Aujourd’hui, le Cameroun est plus que jamais divisé, polarisé, fragilisé. La sécurité des citoyens est fortement menacée. En dépit de l’habillage juridique, la légitimité du gouvernement actuel est sérieusement remise en question par des millions de nos compatriotes et amis du Cameroun à travers le monde. La crédibilité de nombreuses institutions clés, dont le Conseil constitutionnel nouvellement créé, est en jeu. Le recours à la force et à la violence physique, la propagation du discours de haine, la stigmatisation ethnique sont devenus monnaie courante dans le débat public, et conduisent forcement à des tensions dans les relations entre les représentants de l’État et les populations civiles», peut-on lire dans sa déclaration publiée par ces journaux accompagnée de propositions en 10 points.


 «C’est avec le président de la République qu’il faut négocier, et non avec quelle que autre personne, car c’est avec son ennemi, et uniquement celui-ci, que l’on négocie la paix. Ce dernier a tendu la main, au cours de son discours d’investiture le 6 novembre dernier, il faut la saisir, indifféremment de l’opinion que l’on se fait du personnage», tranche l’historien et homme politique Enoh Meyomesse dans une tribune publiée par Défis Actuels.

 Pour cet homme, dont on ne peut pourtant pas dire qu’il soit proche du pouvoir, il s’agit d’une question de bon sens et d’intelligence politique : poser comme préalable l’illusoire départ de Paul Biya, ou lui dénier un pouvoir de décision est tout bonnement stupide, car c’est lui qui détient de manière monopolistique la signature du Cameroun.

 Le même Défis Actuels s’est penché sur le projet de loi portant Loi de finances de la République du Cameroun pour l’exercice 2019, jugé recevable par la commission des finances de l’Assemblée nationale et en augmentation de 161 milliards FCFA, soit 4,3% par rapport à l’année 2018.

 Il s’agit d’une proposition de 4.850,5 milliards FCFA, clarifie le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, avec un accent que les pouvoirs publics voudraient mettre sur le processus de décentralisation, les services sociaux de base ou encore la construction des infrastructures.

 De nouvelles taxes seront introduites dès l’année prochaine, précise Le Quotidien de l’Économie, notamment les boissons gazeuses importées, les cosmétiques, les articles de friperie, les pneumatiques, les véhicules d’occasion, les logiciels et applications téléchargés par des téléphones ou tablettes.

 S’agissant de la ventilation de ce budget, comme en 2018, le ministère des Enseignements secondaires va garder la plus grosse enveloppe budgétaire en 2019, suivi par les Travaux publics, renchérit Intégration.



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