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Crise politique au Sri Lanka: le président Sirisena sous pression

Le président sri-lankais Maithripala Sirisena était lundi sous pression dans son pays et de la part de la communauté internationale de réunir le Parlement, suspendu suite au limogeage surprise du Premier ministre.

Washington a appelé dimanche M. Sirisena à « reconvoquer immédiatement le Parlement » afin de permettre aux députés d’avoir voix au chapitre dans la grave crise constitutionnelle qui menace de plonger cette île d’Asie du Sud dans le chaos politique. Puissance régionale et influent voisin, l’Inde pousse également en ce sens, selon des sources diplomatiques indiennes contactées par l’AFP.

Cette crise a d’ores et déjà fait un mort par balles. Un homme de 34 ans a été tué dimanche lorsque des gardes du corps du ministre du Pétrole, un proche du Premier ministre démis, ont tiré sur une foule hostile.

Le Premier ministre remercié vendredi, Ranil Wickremesinghe, 69 ans, conteste la légalité de son renvoi et soutient détenir toujours la majorité au Parlement. Il réclame que se tienne une session d’urgence or l’assemblée a été suspendue par le président jusqu’au 16 novembre, pour couper court à toute remise en cause parlementaire de sa décision.

M. Sirisena a nommé comme chef de gouvernement l’ancien homme fort du pays Mahinda Rajapakse, qui entretient une relation de proximité avec la Chine. Ce dernier a dirigé le Sri Lanka d’une poigne de fer entre 2005 et 2015 et mis un terme à la guerre civile avec la rébellion tamoule au prix d’un bain de sang.

M. Wickremesinghe et ses partisans devraient saisir la justice pour tenter de faire annuler ce limogeage. Le Premier ministre déchu a refusé de quitter sa résidence officielle à Colombo, malgré les menaces d’en être évacué de force.


La tension régnait dans la capitale sri-lankaise. Les congés ont été annulés au sein de la police. Plusieurs législateurs proches de Ranil Wickremesinghe ont menacé de troubles dans les rues si le Parlement n’était pas immédiatement convoqué pour une session d’urgence.

Le président de l’assemblée, Karu Jayasuriya, a jugé ce week-end légitime la demande du chef du gouvernement sortant de se maintenir en poste tant qu’un autre candidat ne pouvait justifier d’une majorité parlementaire. L’opposition a également demandé à ce que les députés soient consultés.

Déjà évincé en 2004 par le président d’alors, Ranil Wickremesinghe avait fait amender la Constitution en 2015 pour supprimer le pouvoir présidentiel de limoger un Premier ministre. Ce qui n’a pas empêché la manœuvre vendredi de M. Sirisena.

Dimanche, des journaux privés sri-lankais qualifiaient les décisions présidentielles de « coup d’État constitutionnel ».

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