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D’abord les Européennes, puis Westminster: le plan du Parti du Brexit

Décimer les Conservateurs aux élections européennes puis entrer au Parlement britannique: tel est le plan de bataille de l’europhobe Nigel Farage, dont le Parti du Brexit caracole dans les sondages.

Deux sondages publiés dans les journaux britanniques dimanche placent son parti largement en tête des intentions de vote pour les élections européennes, qui seront organisées dans dix jours au Royaume-Uni. Le sondage Opinium pour The Observer le montre en tête avec 34% des voix, loin devant le Labour (21%) et les Tories (11%). Un second sondage, réalisé par ComRes pour le Sunday Telegraph, voit le Parti du Brexit gagnant à 27%, devant le Labour (25%) et les Tories (13%).

Encore plus inquiétant pour le Parti conservateur au pouvoir, le Parti du Brexit a pour la première fois dépassé les Tories dans un sondage portant sur les intentions de vote en cas d’élections législatives.

Selon cette enquête réalisée par ComRes, le parti de Nigel Farage raflerait 49 sièges de députés, devenant le second parti politique britannique, derrière le Labour.

Un cauchemar pour les Tories qui ont déjà essuyé une cuisante défaite aux élections locales, perdant plus d’un millier d’élus.

Empêtrés dans la gestion désastreuse du Brexit, les Conservateurs n’ont pas osé lancer officiellement de campagne pour les élections européennes, préférant faire profil bas. Faire campagne pour les élections européennes est « difficile » et les électeurs sont « en colère », a expliqué à l’AFP Ashley Fox, chef des députés européens conservateurs britanniques.

Quant au Labour, principal parti d’opposition, il souffre des hésitations de son leader Jeremy Corbyn sur le Brexit. Partagé entre militants europhiles et eurosceptiques, le Labour risque de voir ces derniers se tourner massivement vers le Parti du Brexit pour voir enfin se réaliser la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, près de trois ans après le référendum de juin 2016. Repoussé à deux reprises, ce divorce historique est désormais programmé pour le 31 octobre au plus tard.

– Négocier avec Bruxelles –

Dans le climat de mécontentement ambiant, le Parti du Brexit siphonne les voix des eurosceptiques, dénonçant les promesses « trahies » du gouvernement sur le Brexit. En cas de victoire aux élections européennes, Nigel Farage, 55 ans, compte « exiger que les députés européens du Parti du rexit intègrent l’équipe de négociation du gouvernement », face à Bruxelles, a-t-il déclaré dimanche à la BBC.

M. Farage espère connaître le même succès que certains mouvements populistes dont il dit s’inspirer.


Il a confié au quotidien The Telegraph avoir observé le succès du mouvement populiste cinq étoiles d’Italie avec une « fascination absolue » et ne cache pas son admiration pour Donald Trump. En 2016, il était devenu le premier responsable politique britannique à rencontrer M. Trump après son élection à la présidence des Etats-Unis.

Comme lui, Nigel Farage s’en prend aux médias, à qui il reproche une couverture injuste. Questionné dimanche sur la BBC sur ses propos passés au sujet de l’immigration ou du changement climatique, il a qualifié l’interview de « ridicule » et accusé la chaîne de télévision publique d’avoir perdu le contact avec le public.

« La BBC est maintenant l’ennemi », a ensuite déclaré Nigel Farage au site PoliticsHome.

Reconnaissant qu’il est « tentant » pour les électeurs de voter pour le Parti du Brexit, M. Fox prévient que « ça n’aboutira à rien ».

« Nous savons ce que Nigel Farage fait au Parlement européen: il ne travaille pas (…), il ne défend pas les intérêts britanniques. Ce qu’il fait c’est des discours provocateurs dans lesquels il insulte nos amis européens et il pense que c’est amusant », a-t-il déclaré à l’AFP.

Guy Verhofstadt, référent sur le Brexit au Parlement européen, a aussi dénoncé l’absentéisme de Nigel Farage au Parlement européen, où il est élu depuis 1999, affirmant sur Twitter que l’eurosceptique préfère « aller au pub plutôt que se battre pour les intérêts britanniques en Europe ».

Si Nigel Farage a les faveurs des électeurs selon les sondages actuels, plus de la moitié des sondés s’attendent à voir « finalement disparaître » du paysage politique son parti au cours de la prochaine décennie, selon un sondage YouGov publié lundi.

Selon ce sondage, 63% des personnes interrogées pensent que le Parti du Brexit « ne sera probablement pas un acteur de la scène politique britannique dans dix ans ».



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