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Dakar toujours sous le choc engendré par la défaite des Lions

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C’est la gueule de bois à Dakar, la capitale sénégalaise, dont beaucoup d’habitants ont eu le réveil difficile ce samedi matin, quelques heures après avoir assisté à la défaite (1-0) des Lions face à l’Algérie en finale de la 32éme édition de la Coupe d’Afrique des nations de football, disputée au Caire en Egypte.Le calme plat règne dans plusieurs quartiers, un contraste avec l’effervescence ayant prévalu avant le match. Ici et là, fusaient même des chants et danse aux sons de castagnettes et de vuvuzelas. Popularisé par les supporters sud-africains, cet instrument assimilable à une trompette a fait partie des nombreux gadgets vendus à profusion tout au long de la marche triomphale des Lions.

Toutefois, signe de la cruelle désillusion, les milliers d’exemplaires du drapeau national ont pour la plupart disparu des rues où ils étaient déployés. Seuls subsistent une certaine, dont certains sont curieusement en berne. On voit toujours, les poteaux électriques, pneus, bouteilles d’eau et fûts d’huile peints aux couleurs nationales.

Sur les artères, de rares voitures circulent avec  un drapelet accroché au rétroviseur là où les joggers, nombreux à s’échauffer sur les trottoirs, ne portent pas, comme ils en avaient pris l’habitude ces derniers temps, les maillots de la bande à Sadio Mané.

La plupart semblent avoir retourné à leurs anciennes pratiques consistant à s’afficher avec les maillots des grandes équipes européennes de football ou ceux des stars de la NBA.

Bref, les Dakarois ayant surmonté leur déception pour oser sortir ce samedi matin donnent l’impression de vouloir vite oublier le faux pas des Lions. Une contreperformance dont ils ne rendent pas responsables les joueurs mais au sort.

Voire à la roublardise des Algériens que certains supporters comme Mamadou Hady Diallo, gérant d’une boutique à Ngor dans le district ouest de Dakar, accusent d’avoir volontairement fermé le jeu.  « Aujourd’hui, j’ai compris l’adage qui dit qu’une finale ne se joue pas, elle se gagne. Le Sénégal a joué tout le match et les Algériens ont gagné », lance-t-il d’un air dépité.


Partant de là, il a martelé que les Fennecs ont passé les 90 minutes de jeu à « gâcher le jeu des joueurs sénégalais, vraiment plus entreprenants ».

Accroché à la boutique de Hady Diallo auprès de qui il est venu chercher sa monnaie, ce client ne décolère pas sur l’indulgence de l’arbitre camerounais devant les fautes à la limite de l’agressivité des Algériens. « Ils auraient dû avoir au minimum un carton rouge vu le nombre de fautes qu’ils ont commises », peste-t-il.

Khady Mbengue, une supportrice arborant encore le maillot des Lions, a tenu, elle, à relativiser l’amère désillusion en mettant en garde contre tout ressentiment à l’égard des coéquipiers de Sadio Mané.

« Certains Sénégalais pensent que l’équipe nationale doit toujours gagner (…) cela ne peut pas arriver tous les jours et les gens doivent le comprendre », a-t-elle lancé à la volée, s’adressant tout d’abord à quelques unes de ses copines ressassant bruyamment les faits saillants de la rencontre.

La discussion avait lieu sur la fan zone du rond-point de Ngor dont l’écran géant venait de s’éteindre pendant que les chaises étaient rangées nerveusement par les organisateurs de la séance publique de visionnage.



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