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Dans la folle ambiance des «kermesses» de Brazzaville

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En ce début de vacances scolaires, Brazzaville, la capitale congolaise, vibre au rythme des opérations de promotion, organisées, surtout, par les brasseries et les sociétés de téléphonie mobile. Des particuliers désireux de lancer leurs produits sont également à l’initiative des ces manifestations, baptisées « kermesses» à cause de leur propension à se muer en des fêtes où l’on boit et danse sans retenue jusqu’au petit matin.Organisées généralement dans des lieux publics, les « kermesses » démarrent timidement dans la journée avant de s’animer à partir de 18h, moment où un public âgé pour la plupart entre 15 et 25 ans,  s’amène. Bercés par une musique tonitruante, ces adolescents boivent, mangent et dansent jusqu’à l’aube, sous le regard complice des vendeurs de boissons et de brochettes.

Selon le responsable d’une brasserie, chaque jour les ventes de bière peuvent atteindre,  entre 18h et 5h, « pas moins de 60 casiers toutes marques confondues ».

L’astuce utilisée par  Alfred Ngatsé, gérant d’une brasserie, est sans doute pour quelque chose dans ces soirées bien arrosées. « Le client qui achète deux bouteilles de bière est gratifié d’une troisième bouteille. Ce qui fait que les clients affluent et qu’on soit parfois débordé », indique-t-il.

Couvant du regard sa clientèle juvénile, il explique que les jeunes s’associent par groupes de deux ou quatre en vue de se cotiser jusqu’à avoir « au moins 5000 FCFA », une somme nécessaire pour garnir de bouteilles de bière une table.  Un regard circulaire à l’intérieur d’une « kermesse » permet de se rendre compte que des dizaines bouteilles de bière et des plats de grillade trônent sur plusieurs tables autour desquelles sont assis de guillerets adolescents. 


L’ivresse aidant et à mesure qu’avance la nuit, l’ambiance bon enfant cède de plus en plus le pas à des gestes et comportements à la limite du permis. Eclatent alors de vives discussions et de violentes bagarres au sortir desquelles certains protagonistes harcèlent sans retenue les filles ou vident leur vessie sur place.

Face au silence des autorités municipales, en dépit de plusieurs plaintes, les populations riveraines ne cessent d’élever la voix pour dénoncer la nuisance sonore des «kermesse » et les salissures que laissent derrière eux les fêtards.

« Nous n’arrivons plus à passer des nuits paisibles comme avant, non seulement il y a le bruit de la musique, mais il y aussi l’odeur des urines et des matières fécales. Ce malgré la présence des forces de l’ordre », s’emporte Garcia Ngoma, un habitant de Nkombo, un des quartiers de prédilection des organisateurs de « kermesses ».



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