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Dans les rouleaux sud-africains, l’essor du surf « vert »

Dès l’aube, des centaines de surfers profitent des rouleaux de l’Atlantique, au large du Cap, pour glisser. Mais sur l’océan, quelques-uns se démarquent avec leur superbe planche en bois marquetée conçue par un Sud-Africain soucieux de renoncer aux produits industriels polluants. Ou presque.

Ex-journaliste fondu de glisse et de rouleaux, Patrick Burnett s’est lancé il y a une dizaine d’années dans la planche « verte », inquiet de l’impact sur la nature de leur matière première, la mousse de polyuréthane.

Dans son petit atelier proche de la mégapole du Cap (sud-ouest), il en a depuis construit de ses mains puis vendu plus de 800 exemplaires, y compris à l’étranger.

« Le bois est un matériau unique », explique le constructeur en rabotant une de ses planches, les pieds enfouis sous les copeaux. « J’essaie de concevoir des planches adaptées au bois plutôt de copier les modèles classiques ».

Taillées pour la plupart dans du cèdre du Japon issu de plantations sud-africaines éco-responsables, chacune nécessite jusqu’à soixante heures d’un travail patient qui peut faire grimper son prix à 1.700 euros l’unité.

Plus cher qu’un modèle industriel, dit Patrick Burnett, mais c’est là le prix du renoncement au plastique.

Même si ses planches de bois constituent un indéniable progrès, elles sont toutefois encore loin de mériter le label « écolo », concède leur artisan-producteur.

La faute, entre autres, à la glu industrielle qu’il n’a pas réussi à remplacer.


« Je n’aime pas dire de mes planches qu’elles sont +vertes+ ou qu’elles ont un impact environnemental nul », explique Patrick Burnett, « il est plus juste de reconnaître que, quelle que soit votre activité, elle laisse toujours une empreinte ».

Malgré cette entorse à la stricte orthodoxie environnementale, son carnet de commandes ne cesse de gonfler.

Depuis six ans, Matthew Kramer est un inconditionnel de la planche en bois. Le voilà ruisselant et ravi devant les cabanes en bois multicolores de la plage de Muizenberg, au sud du Cap, fraîchement sorti de sa session matinale.

« Ça a vraiment ravivé mon amour pour le surf, parce que c’est une sensation complètement différente », s’enthousiasme-t-il. « C’est différent quand tu rames, c’est différent quand tu surfes… Et ouais, en surf, c’est les sensations qui comptent ».

Dans les rouleaux de Muizenberg et d’ailleurs, les défenseurs du bois restent encore largement minoritaires.

« Et ça va rester une niche », reconnaît lui-même Patrick Burnett. Mais il est convaincu de s’être inscrit dans le sens du progrès. « On dit tous qu’on aime l’océan et combien on respecte sa vie sauvage, je crois qu’on devrait vraiment tous mettre nos investissements en adéquation avec nos paroles ».


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