International › APA

Décentralisation, sport et crise anglophone au menu de la presse camerounaise

Pas d'image

Le décret du Premier ministre Joseph Dion Ngute, signé en fin de semaine et fixant la répartition de la dotation générale de la décentralisation, divise dans les journaux camerounais parus lundi au même titre que la tenue effective de la Course de l’espoir, dans une région anglophone en mode sécessionniste.La mise en place des Conseils régionaux, nouvelle institution dans le paysage politique, va coûter 7 milliards FCFA au contribuable en 2019, annonce Essingan.

Le montant global de l’enveloppe, dont la somme s’élève à 49,8 milliards FCFA, est affecté à la dotation générale de la décentralisation au titre de l’exercice budgétaire 2019 dont une partie est destinée au fonctionnement des collectivités territoriales décentralisés, explique L’Essentiel.

Sur les 13,8 milliards de FCFA affectés au fonctionnement, 7 milliards sont en effet, renchérit Repères, réservés à la mise en place des conseils régionaux, c’est-à-dire des provisions pour rémunération des présidents et des membres des bureaux et pour le fonctionnement desdits conseils.

Il n’en demeure pas moins que, constate le bihebdomadaire, si l’on sait très bien à quoi vont servir les fonds destinés au fonctionnement, le décret du Premier ministre, par contre, ne renseigne pas sur le contenu des investissements de la décentralisation.

Quel que soit le bout par lequel on considère la chose, tranche Le Quotidien de l’Économie, les fonds alloués à la cause sont insuffisants, soit 1,026% du budget de l’État, loin des 10% revendiqués par les élus municipaux.

C’est un grand bond, tacle le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune, évoquant une «importante augmentation de la dotation générale» et annonçant, pour chacune des 360 communes que compte le pays, une enveloppe de 100 millions FCFA destinés au financement des projets locaux.

Mais Mutations a, sur le sujet, une appréciation plutôt mitigée : si le Premier ministre a certes réussi à secouer l’inertie ambiante dans l’exécutif, l’allocation financière en faveur de la décentralisation, elle, reste cependant insuffisante compte tenu des attentes des élus municipaux.

En scrutant au plus près le décret du Premier ministre fixant la répartition de la dotation générale de la décentralisation au titre de l’exercice 2019, Le Messager ne manque pas d’attirer l’attention sur une fâcheuse tendance du pouvoir qui, affirme le quotidien à capitaux privés, veut garder la main sur les collectivitésterritoriales décentralisées au moment où beaucoup menacent de basculer dans l’opposition.

Et InfoMatin, pour clore le débat, de rappeler que c’est en janvier dernier que le chef de l’État a en effet annoncé l’organisation prochaine des élections régionales, les premières du genre dans le pays, les conseils régionaux étant appelés à compléter l’architecture institutionnelle de la décentralisation telle que prévue par la Constitution de 1996.

De l’argent du contribuable, il en est question en grande manchette d’EcoMatin à propos des subventions aux entreprises publiques : un gouffre net de l’ordre de 1148,3 milliards FCFA en 2019, dont le gros de la dotation va à des entités n’ayant techniquement pas vocation à générer des bénéfices, mais plutôt à assurer le service public.


Pour l’hebdomadaire spécialisé, lorsqu’on rapporte le niveau desdites subventions aux sociétés publiques ayant des activités commerciales, on en retrouve près de 25 qui, en 2016, ont reçu 433,5 milliards FCFA pour un dividende de «seulement» 4,18 milliards FCFA, soit un rendement de moins de 1%.

Entre sport et crise anglophone, Cameroon Tribune et La Voix du Centre se satisfont de la réussite, samedi, de la tenue à Buea (Sud-Ouest), ville en proie aux violences sécessionnistes, de l’Ascension du Mont Cameroun avec, dans les deux principales catégories, de la victoire d’Éric Batcha et Carine Tatah.

La témérité de la Fédération camerounaise d’athlétisme et du ministère des Sports a eu raison de l’insécurité, applaudit également L’essentiel ce d’autant que, complète InfoMatin, le nombre considérable d’absences enregistrées, la sécurité renforcée et surtout la peur de la menace sécessionniste, ont rendu timide l’ambiance festive de cette 24ème édition de la Course de l’espoir.

L’image de la grande peur s’affiche en couverture de The Post qui montre le ministre des Sports, Narcisse Mouelle Kombi, en gilet pare-balles, casque lourd sur la tête, l’air préoccupé à son arrivée, au lieu de clôture de la course de montagne, dans un véhicule blindé.

Des jours avant, rappelle The Info, les séparatistes «ambazoniens» avaient en effet laissé planer le spectre des attentats, d’où cette débauche de mesures sécuritaires ayant donné l’impression d’une ville en état de siège.

Les menaces séparatistes privent, désormais, chaque événement organisé dans la zone de son attrait populaire, de son faste et des effusions habituels, soupire The Guideon qui craint une bunkérisation continue des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

C’est «la République en gilets pare-balles», titre méchamment l’éditorialiste de Le Jour : «Ils font pitié à voir, ces hauts dignitaires de l’État du Cameroun qui ne font plus un pas sans apparaître engoncés dans leurs gilets pare-balles, terrés dans des véhicules blindés. Dans leur propre pays, un pays qu’ils sont censés ‘’contrôler », et sur lequel ils doivent faire ‘’régner l’ordre » (…) Et, pour le coup, il s’agissait d’une fête sportive. Où l’on retrouve un ministre de la République au milieu d’un imposant cordon de sécurité, accoutré comme un général US dans un Afghanistan en proie à Al Qaeda. Image terrifiante de dignitaire, sur un terrain dont on nous avait ressassés voici deux années qu’il n’y avait ‘’pas de problème ».»

Force est ainsi de constater que la force armée, quelle que soit sa puissance, n’est pas la solution à ce problème tout comme les brutalités de toutes sortes, remède-miracle pour la résolution de tous les problèmes désormais, n’en règlent aucun.

Au sujet de cette crise anglophone, justement, les méthodes de l’armée embarrassent le gouvernement, alerte Intégration : en appliquant la tactique de la terre brûlée, les soldats obligent le pouvoir à se défendre d’accusations d’exactions dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, le gouvernement n’hésitant plus à reconnaître que, pour répondre à une intrusion de combattants séparatistes, les forces de défense et de sécurité interviennent et mettent en déroute les assaillants «en procédant, par ailleurs, à des actions ciblées, détruisant les abris leur servant de refuge», et donc en incendiant à tout-va.

0 COMMENTAIRES

Pour poster votre commentaire, merci de remplir le formulaire

À LA UNE
Retour en haut