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Défiant la polémique sur ses origines, Elizabeth Warren vise la Maison Blanche

La sénatrice démocrate Elizabeth Warren doit officialiser samedi sa candidature à la présidentielle américaine de 2020 avec un message axé sur la lutte contre Wall Street et la défense des travailleurs, espérant reprendre l’offensive face à la controverse sur ses lointaines origines amérindiennes.

En publiant dès octobre les résultats d’un test ADN, l’ancienne professeure de droit à Harvard avait voulu couper court aux moqueries du président républicain Donald Trump, qui la surnomme depuis longtemps « Pocahontas » en mettant en doute ses origines.

Peine perdue.

S’il confirme un lointain héritage, ce test a indigné des tribus amérindiennes, pour qui la parenté est avant tout culturelle, et choisie, plutôt que purement génétique.

Surtout, le Washington Post a publié cette semaine un document officiel datant des années 1980 sur lequel Elizabeth Warren se définit comme « Amérindienne », ce qui a relancé les accusations de républicains qui la soupçonnent d’avoir utilisé ses origines pour faire avancer sa carrière. Elle dément catégoriquement, mais s’est vue forcée de s’excuser à nouveau.

Ces « mensonges » la disqualifient d’avance, tonnent des commentateurs conservateurs.

« Elle ne voulait pas de cette histoire pendant le lancement » de sa candidature, souligne John Cluverius, professeur de sciences politiques à l’université de Massachusetts-Lowell. Mais « il est encore très, très tôt pour dire si cela lui portera préjudice ou pas ».

Elizabeth Warren tente donc de reprendre l’initiative avec la confirmation probable, attendue à 11H00 (16H00 GMT), de sa candidature à la primaire démocrate pour la présidentielle de novembre 2020.

Elle avait dès le 31 décembre annoncé la création d’un comité exploratoire.

Loin des questions d’ADN, elle cherchera samedi à retrouver un message qu’elle maîtrise parfaitement.

A 69 ans, la sénatrice du Massachusetts a fait depuis des années de la protection de la classe moyenne et des travailleurs face aux grandes banques un axe central de sa carrière. Et s’est forgée au passage le statut de bête noire de Wall Street.

– Une autre sénatrice attendue dimanche –

Elizabeth Warren, élue au Sénat depuis 2013, a choisi une ville emblème pour son annonce.


Ancien coeur ouvrier de l’industrie textile, berceau d’une célèbre grève d’ouvriers immigrés en 1912, Lawrence, dans le Massachusetts, est aujourd’hui une ville souffrant de pauvreté, symbole des ravages subis dans le secteur manufacturier, que Donald Trump avait érigés, avec succès, en grand message de campagne en 2016.

Avec une population à près de 80% hispanique, Lawrence sert aussi d’épouvantail à l’administration Trump, qui dénonce les problèmes de drogue et son statut de « ville sanctuaire », où la municipalité limite sa coopération avec les agents fédéraux chargés de l’immigration.

Elizabeth Warren devrait y marteler son message résolument à gauche, plaidant pour un système de santé universel, un salaire minimum plus élevé et la défense du climat. S’appuyant sur ses propres origines modestes, elle déplore que le rêve américain soit désormais grippé. Et davantage encore pour les minorités.

« Alors qu’il y a déjà deux candidats noirs dans la course », ses collègues sénateurs Kamala Harris et Cory Booker, Elizabeth « Warren va avoir besoin des Hispaniques si elle veut remporter la primaire démocrate », décrypte John Cluverius.

La sénatrice devrait recevoir le soutien de Joe Kennedy, petit-fils de Robert Kennedy originaire du Massachusetts et élu de la chambre basse du Congrès américain. Un appui « très significatif », estime M. Cluverius.

Elle aura besoin de tous les soutiens possibles si elle veut remporter la primaire démocrate alors qu’une dizaine de candidats se pressent déjà sur la ligne de départ.

Plusieurs grands noms sont, en plus, encore attendus: l’ancien vice-président de Barack Obama, Joe Biden, l’ex-candidat battu par Hillary Clinton en 2016, Bernie Sanders, et le milliardaire et ex-maire de New York Michael Bloomberg.

Dimanche, une autre sénatrice démocrate, Amy Klobuchar, a promis « une grande annonce » et devrait se lancer à son tour.

Face à eux, Donald Trump compte bien décrocher un second mandat et mène déjà campagne.

« Les démocrates tentent de gagner une élection en 2020 qu’ils savent ne pas pouvoir gagner légitimement! », a-t-il lancé samedi sur Twitter, sans élaborer.

Et d’accuser l’opposition d’avoir mené sous Barack Obama une politique économique qui « tuait » les emplois.



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