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Des centaines de Soudanais manifestent en soutien à l’armée

Des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Khartoum pour soutenir les militaires à la tête du pays et pour le maintien de la charia, en réponse au mouvement de contestation qui réclament le transfert du pouvoir aux civils.

Un Conseil militaire a pris les rênes du Soudan après la destitution par l’armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, à la faveur d’un soulèvement populaire inédit.

Mais les manifestants, qui campent depuis le 6 avril devant le siège de l’armée, réclament désormais un transfert du pouvoir aux civils.

Les leaders du mouvement de contestation ont entamé des négociations avec le Conseil militaire mais elles achoppent sur la composition du futur Conseil souverain censé assurer la transition post-Béchir.

« Un pouvoir militaire à 100% », a scandé vendredi une foule essentiellement composée de jeunes hommes islamistes, en réponse au slogan de la contestation pour un « pouvoir civil ».

Certains ont brandi des photos du chef du Conseil militaire, Abdel Fattah al-Burhane, et de son adjoint, Mohamad Hamdan Daglo, dit « Hemeidti ».

Les manifestants ont également entonné des chants en faveur de la charia, la loi islamique actuellement en vigueur, mais ne figurant pas dans l’agenda politique du mouvement de contestation.


Alliés de M. Béchir, les islamistes sont restés discrets depuis le début du soulèvement en décembre mais soutiennent de plus en plus explicitement l’armée au pouvoir.

« Liberté, paix, justice, la charia est le choix du peuple », ont lancé les protestataires, prenant le contrepied d’un autre slogan de la révolte: « Liberté, paix, justice, le pouvoir civil est le choix du peuple ».

« Nous confirmons notre soutien au Conseil militaire (…) et à ses politiques pour permettre la loi de Dieu », a déclaré à l’AFP un fonctionnaire portant un turban et une robe traditionnelle blanche.

Cette manifestation intervient dans un contexte de multiplication de mises en garde du Conseil militaire vis-à-vis du mouvement de contestation.

Dans une conférence de presse retransmise à la télévision, il a parlé jeudi de « menace pour la sécurité et la paix publiques », promettant d’agir « avec détermination » face à cette situation.

Jeudi, Al-Jazeera a annoncé avoir été informée de la décision du Conseil militaire de « fermer » son bureau à Khartoum, alors que la chaîne d’information qatarie diffuse régulièrement des images des manifestations contre l’armée.



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