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Des milliers d’Afghans fuient les combats dans le Sud-Est

Des milliers d’Afghans se sont réfugiés cette semaine dans la ville de Ghazni pour échapper aux combats en cours dans deux districts de la province dont elle la capitale, parmi les pires qu’ils aient connus en 17 ans de conflit.

Les talibans affrontent depuis près d’une semaine des unités des forces spéciales afghanes ainsi que des milices soutenant le gouvernement composées de membres de l’ethnie hazara dans les districts de Jaghori et de Malistan.

Des centaines de personnes, combattants des deux camps et civils, ont été tuées, selon des chiffres communiqués par des habitants et des sources gouvernementales.

Des familles ont raconté avoir quitté leur domicile de nuit et avoir emprunté de petites routes pour éviter les postes de contrôle dressés par les talibans.

« Nous avions peur. D’autres personnes ont décidé de fuir alors nous avons fait de même », a déclaré une femme, Zainab, qui dit avoir roulé avec ses cinq enfants pendant douze heures sur des chemins de terre depuis Jaghori.

« Nous n’avions jamais vu ce genre de guerre », a-t-elle commenté, ajoutant que son mari était resté dans leur maison pour la protéger.

Au moins 2.000 familles ont trouvé refuge dans les mosquées et les petits hôtels de Ghazni, a déclaré Abdul Haleem Noori, le directeur du Croissant-Rouge local. D’autres vivent chez leurs proches.


Les forces de sécurité afghanes ont intensifié leurs offensives dans la région avec le soutien de l’armée américaine. Des commandos afghans ont été déployés, a déclaré à l’AFP Ahmad Khan Sirat, le porte-parole provincial de la police.

« La situation est sous contrôle », a affirmé M. Sirat, malgré des « combats sporadiques ».

Le district de Jaghori est « encerclé par les talibans et ils sont nombreux », a raconté à l’AFP Mohammad Ali dans une mosquée de Ghazni, où il réside provisoirement avec neuf proches. Les insurgés sont « très bien équipés, avec des lunettes de vision nocturne et des armes lourdes », a-t-il ajouté.

Les combats ont débuté mercredi dernier dans une zone peuplée par la minorité hazara, dont la plupart des membres sont de confession chiite.

Les talibans, qui sont pour leur part sunnites et dans leur grande majorité d’ethnie pachtoune, ont été accusés de violations des droits de l’Homme à l’encontre des Hazaras lorsqu’ils dirigeaient l’Afghanistan entre 1996 et 2001.

Lundi, une manifestation à Kaboul en vue de réclamer davantage de protection pour les Hazaras de Ghazni a été la cible d’un attentat-suicide revendiqué par le groupe Etat islamique, qui a fait six morts et vingt blessés.



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