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Dialogue au Nicaragua: accord sur une « feuille de route »

Le gouvernement de Daniel Ortega et l’opposition nicaraguayenne ont annoncé mardi soir avoir conclu un accord sur la « feuille de route » pour des négociations destinées à sortir de la grave crise politique que traverse le Nicaragua depuis avril.

« La feuille de route est approuvée », a annoncé le nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) à Managua Waldemar Stanislaw Sommertag, qui aura un rôle de « témoin et d’accompagnateur international », selon l’accord conclu au terme de cinq jours de réunions.

Ces négociations se dérouleront en présence à la fois de représentants de l’Eglise catholique et des Eglises protestantes.

Des « garants internationaux » seront désignés par consensus dans un deuxième temps pour veiller à l’application des accords visant à trouver une solution à la crise qui a fait plus de 325 morts et a plongé le pays dans la récession économique.

La « feuille de route » signe le retour à la table de négociation de la conférence épiscopale, qui sera représentée par le cardinal et archevêque de Managua, Mgr Leopoldo Brenes. Celui-ci, qui avait pourtant annoncé lundi renoncer à jouer un rôle dans la négociation, sera cependant flanqué du Pasteur Ulises Rivera coordinateur des Eglises évangéliques du Nicaragua, réputées plus proches du pouvoir.

Les deux religieux seront « témoins et accompagnateurs nationaux ».

Les délégations, qui se réuniront du lundi au vendredi, ont pour objectif de conclure leurs négociations le 28 mars. Cette date-butoir pourra cependant être repoussée « par consensus » entre les deux délégations composées chacune de six membres.

Quelques heures avant la reprise du dialogue politique gouvernement-opposition mercredi dernier, cent opposants emprisonnés ont été extraits de leurs cellules et conduits à leur domicile pour y être assignés à résidence.


Aucun leader important de l’opposition ne figure cependant parmi les détenus qui ont bénéficié de cette mesure. Plus de 600 opposants sont toujours derrière les barreaux, selon les organisations de défense des droits de l’Homme. Des dizaines de milliers de Nicaraguayens ont pris en outre le chemin de l’exil.

Les membres de la délégation de la plateforme d’opposition Alliance civique pour la Justice et la Démocratie (ACDJ réunissant entreprises, société civile, étudiants et paysans) ne manquent jamais de réaffirmer leurs exigences : libération de tous les opposants emprisonnés, rétablissement des libertés de la presse, d’expression et de manifestation, et « justice » pour les actes commis durant la répression contre l’opposition.

La crise politique au Nicaragua a commencé le 18 avril 2018 par des manifestations contre le gouvernement de l’ex-guérillero sandiniste Daniel Ortega, 73 ans. Ce dernier dénonce une tentative de putsch de l’opposition avec le soutien de l’Eglise et de Washington.

Les opposants, qui l’accusent d’avoir instauré une dictature, réclament son départ et celui de la vice-présidente, son épouse Rosario Murillo. Ils demandent aussi des réformes politiques et la convocation de nouvelles élections avant le terme prévu de 2021.

En annonçant la reprise du dialogue, le président Ortega a insisté sur la nécessité de redresser l’économie, gravement mise à mal par la crise.

En 2018, le PIB a reculé de 4% tandis que plus de 300.000 emplois ont été perdus au Nicaragua. Les chefs d’entreprise prévoient pour cette année une chute allant jusqu’à 11% du PIB, provoquant une contraction encore plus sévère de l’emploi.



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