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Djibouti inaugure la future plus grande zone franche d’Afrique

Djibouti a inauguré jeudi ce qui doit devenir à terme la plus grande zone franche sur le continent africain, destinée…

Djibouti a inauguré jeudi ce qui doit devenir à terme la plus grande zone franche sur le continent africain, destinée à lui permettre de tirer pleinement profit de sa situation stratégique à l’entrée de la mer Rouge.

Lors d’une cérémonie dans la capitale Djibouti-ville, le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh a vanté les mérites d’un « projet phare », point culminant d’un « nombre important de réalisations d’infrastructures qui ont vu le jour ces dernières années et qui vont dans le sens du renforcement de la place de Djibouti dans le commerce et les échanges internationaux ».

Situé le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, entre océan Indien et canal de Suez, Djibouti a inauguré en 2017 trois nouveaux ports et une ligne ferroviaire le reliant à l’Éthiopie, dans le cadre de son projet visant à devenir la plateforme commerciale de la région.

Le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmajo » a parlé avec cette zone franche d’une « victoire pour l’Afrique de l’Est ». Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, le président rwandais Paul Kagame et le président soudanais Omar el-Béchir ont fait écho à ses propos.

La zone franche, connectée aux principaux ports de Djibouti, est destinée à diversifier l’économie djiboutienne, créer des emplois et attirer des investissements, en permettant aux compagnies étrangères d’être exonérées de taxes et de bénéficier d’un soutien logistique de qualité.

La première phase de ce projet lancée jeudi comprend une zone de 240 hectares. Une fois terminé, ce projet de 3,5 milliards de dollars (3 milliards d’euros), dont la construction est prévue pour durer 10 ans, devrait s’étendre sur 4.800 hectares, ce qui en ferait la plus grande zone franche en Afrique.

Le projet vise à permettre à des sociétés étrangères d’installer des industries de transformation dans la zone franche, pour ajouter de la plus-value aux produits plutôt que simplement importer ou exporter des matières premières.

« Le volume de produits arrivant en Afrique de l’Est ne cesse d’augmenter. A chaque fois qu’un produit arrive sur le continent sans avoir été transformé, c’est une opportunité manquée pour l’Afrique », a estimé Aboubaker Omar Hadi, président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti (DPFZA).

Une rangée de drapeaux djiboutiens et chinois flottant au-dessus des murs d’enceinte de la zone, fraîchement peints en jaune, témoigne des liens étroits unissant le petit État de la Corne de l’Afrique au géant asiatique, dont les prêts ont permis de financer les récents projets d’infrastructures.

Djibouti, qui accueille également la seule base militaire chinoise à l’étranger, est situé le long de la route maritime censée permettre à la Chine de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien, dans le cadre du projet de nouvelles routes de la Soie, connu sous le nom de « One belt, one Road » (« La ceinture et la route »).

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