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Donald Trump repart en campagne, à l’assaut de la Floride

Le président américain Donald Trump repart mercredi en campagne dans l’Etat âprement disputé de Floride, après avoir suscité de vives critiques pour son incapacité à trouver un ton rassembleur dans un pays en quête d’unité après la tuerie antisémite de Pittbsurgh.

S’il a brièvement adopté une posture présidentielle mardi lors de sa visite de la synagogue meurtrie avec la Première dame Melania, il a une nouvelle fois basculé mercredi dans une rhétorique agressive, déplorant, dans un tweet où il n’évoque à aucun moment les victimes, la couverture médiatique dont il a fait l’objet.

La soirée de mardi à Estero, sur la côte ouest de la Floride, devrait lui offrir un cadre dans lequel il est beaucoup plus à l’aise: une estrade de campagne pour un rassemblement « Make America Great Again » (« Rendre à l’Amérique sa grandeur »).

Le magnat de l’immobilier est monté en première ligne pour les élections législatives du 6 novembre qui sont aussi, selon ses termes, un « référendum » sur sa personne.

Il a jusqu’ici, et plus que jamais, joué sur la peur. Brandissant le spectre d’une « invasion » de migrants, il a affirmé, sans le moindre élément de preuve à l’appui, que « des personnes du Moyen Orient » s’étaient glissées dans la « caravane » partie du Honduras et qui remonte vers le nord.

« Nous ne laisserons PAS entrer ces caravanes, qui sont aussi composées de véritables brutes et de membres de gang », a-t-il tweeté mardi matin, poursuivant la surenchère sur ce thème après avoir ordonné l’envoi de plus de 5.000 soldats à la frontière avec le Mexique. « FAITES DEMI-TOUR! », a-t-il ajouté, majuscules à l’appui.

Le rythme, dans la dernière ligne droite, sera effréné: le locataire de la Maison Blanche a prévu de se rendra dans huit Etats en moins d’une semaine: Floride, Ohio, Géorgie, Indiana, Missouri, Montana, Tennessee, Virginie occidentale.

– Trump et Obama sur le terrain –

A chacun de ses arrêts, les salles sont combles, la foule enthousiaste. Mais l’impact sur les urnes de cette intense implication présidentielle reste difficile à prévoir.


« Trump aide à galvaniser la base républicaine et le nerf de la guerre dans les élections de mi-mandat, c’est la participation », explique à l’AFP Larry Sabato, de l’université de Virginie. « Mais il pousse aussi les démocrates à se mobiliser, ce qui devrait pénaliser les candidats républicains », ajoute-t-il, soulignant qu’il faudra attendre le 6 novembre pour voir lequel de ces deux effets aura été le plus fort.

La Floride, qu’il a remportée de justesse lors de la présidentielle de 2016 (49% des voix contre 47,8% pour Hillary Clinton) est un test crucial pour Donald Trump, deux ans après son élection.

Ils se rendra à deux reprises – mercredi et samedi – dans ce grand Etat du sud-est, qui est celui où il passe le plus du temps (dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago) lorsqu’il n’est pas à Washington.

Une élection en particulier sera scrutée à la loupe: celle pour le poste de gouverneur qui oppose Ron DeSantis, qui a fait campagne sur un message résolument pro-Trump, à Andrew Gillum, maire de Tallahassee, star montante dans le camp démocrate qui deviendrait s’il est élu le premier gouverneur noir de Floride.

L’ancien président Barack Obama se rendra à Miami vendredi pour soutenir M. Gillum dans la dernière ligne droite.

S’ils ont des espoirs limités sur le Sénat, les démocrates affichent l’ambition de reprendre le contrôle de la Chambre des représentants.

« Les démocrates sont les favoris pour emporter la Chambre », juge Larry Sabato, qui estime cependant qu’une « vague bleue » sur l’ensemble des scrutins est improbable. « Les électeurs républicains, qui sont plus âgés et se mobilisent traditionnellement plus lors de ce genre de scrutins, feront en sorte que l’on reste très loin d’un tsunami ».

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